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[Portrait] Eric Monlouis, un chirurgien aux commandes du Boeing 777

A 32 ans et après 14 années de médecine, le martiniquais Eric Monlouis a décidé d'arrêter une prometteuse carrière de chirurgien pour devenir pilote de ligne. Durant ces années d'internat à Marseille, il a mené de front la chirurgie et le pilotage. Jusqu'au jour où il du faire un choix. 

© PL La1ère
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  • Par Pierre Lacombe
  • Publié le , mis à jour le
"Cette décision d’arrêter un cursus qui est extrêmement difficile, du jour au lendemain, pour virer à 180°, c’est quelque chose qui a marqué toute ma génération d’interne", ces mots sont ceux du Professeur Dominique Rossi, le chef du service d’urologie à l’hôpital Nord à Marseille, aujourd'hui l'un des grands patrons de la chirurgie à Marseille. C'est aussi l'un des camarades de promotion d'Eric Monlouis. Ensemble, ils ont appris et pratiqué la chirurgie avant que leur route ne se sépare. 
 

Double vie 

 
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L'idée devenir un jour pilote, Eric y pensait depuis qu'il a obtenu son bac à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Malheureusement, des menaces de fermeture pèsent sur l'Ecole nationale d'Aviation Civile. Sans enthousiasme, Eric choisit la médecine et confie qu'il espérait être recalé dès la première année pour réaliser son rêve de devenir pilote.

Mais le jeune étudiant en médecine est doué. Il réussit sa première année et devient 14 ans plus tard chirurgien plastique et chirurgien de la main. Ces "mentors" lui promettent une brillante carrière, mais pour autant, ils ne tombent pas des nues lorsqu'Eric leur annonce que pour lui, la médecine c'est terminé.

Durant ces années d'internat à Marseille, le jeune chirurgien mène une double vie. Chirurgien le jour, pilote à l’heure du déjeuner et sur ses temps de repos, sans compter les nuits de garde à l’hôpital et les longues soirées enfermé dans sa chambre pour préparer ses examens. "Je prenais un peu sur le temps du déjeuner pour aller voler. C'était l’unique façon de combiner l’hôpital et l’aéro-club dans la journée".  

Ces journées intenses de travail avec un emploi du temps millimétré ont permis à Eric de devenir un chirurgien prometteur et, dans le même temps, de réussir le concours Air France. Aujourd'hui, il est commandant de bord long-courrier sur Boeing 777 à la Compagnie Air France. Il est aussi instructeur et contrôleur. C'est lui qui forme les pilotes de demain et vérifie les aptitudes à voler des autres.

 

Je pense que ce n’est pas tout à fait un hasard si j’ai réussi à mener les deux de front parce qu'il me semble qu’il y a des qualités communes entre ces deux professions : le travail en équipe, le fait que vous avez d’un côté la vie d’une personne et de l’autre de plusieurs centaines,... Les check-lists par exemple ont pu être développées au niveau médical grâce à l’apport de l’aéronautique, donc finalement, je me retrouvais assez bien dans ces deux métiers qui ont tant de similitudes. 

 

L'escale martiniquaise

© PL La1ère
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L'envie de devenir pilote lui vient sans doute de son père, mécanicien navigant à Air France. Ses parents, aujourd'hui décédés, ont joué un rôle majeur dans sa réussite. "Ils m'ont toujours fait une totale confiance et ils ont toujours été là pour m'accompagner et m'encourager".

Depuis qu'il est pilote, Eric a posé plus d'une centaine de fois son avion à La Martinique, la terre de ses parents, celle où il a passé toutes ses vacances durant son enfance. "Ce retour en Martinique, c'est toujours magique, je me ressource, c'est un retour à la maison. Ici, c'est chez moi", conclue t-il avec un sourire.   


 

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