Pourquoi la prise d'otages de gendarmes à Ouvéa en 1988 ?

La gendarmerie de Fayaoué, à Ouvéa, avril 2018.
Pour la Nouvelle-Calédonie, 2018 est l'année de l'avenir avec la tenue du référendum d'autodétermination en novembre. Mais cette année 2018, les Calédoniens regardent aussi vers le passé. Il y a trente ans l'archipel était secoué par "les événements" et le drame d'Ouvéa. Jusqu'au 26 juin prochain, La 1ère vous propose d'entendre chaque jour le récit d'un "témoin" de l'époque.

Le 22 avril 1988, nous sommes à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle qui voit s’affronter le Président de la République, François Mitterrand, et son Premier ministre, Jacques Chirac. Nous sommes aussi à deux jours des élections régionales en Nouvelle-Calédonie. Elles doivent entériner un nouveau statut pour le territoire, le "statut Pons", un redécoupage qui désavantage les indépendantistes. Ces derniers n’acceptent pas l’association des deux scrutins, l'un à enjeu territorial et l'autre à enjeu national. Le FLNKS boycotte ces élections et décide alors de relancer les occupations pacifiques de gendarmeries.

Le 22 avril 1988, cette action dégénère à Ouvéa. Quatre gendarmes sont tués, 27 autres sont pris en otage et trois militants indépendantistes sont blessés.

Regardez ci-dessous le reportage de RFO Nouvelle-Calédonie de l'époque annonçant l'attaque de la gendarmerie de Fayaoué :

Jean-Paul Lacroix, gendarme à Ouvéa

Ce matin du 22 avril 1988, le Maréchal des logis chef Lacroix se trouvait devant la brigade de Fayaoué. Il était en poste à Ouvéa depuis six mois. "J'arrivais de mon domicile vers 7h55 pour prendre mon service", raconte ce retraité qui vit désormais près de Lyon. Trente ans après les faits, sa mémoire est intacte et ses souvenirs sont précis.

"Devant le bureau, il y avait Chanel Kapoeri et deux autres personnes qui plaisantaient, poursuit-il. Leur présence ne m'a pas paru étrange, je les connaissais. Je suis entré dans mon bureau pour saluer les personnes présentes et j'ai senti derrière moi des présences. Ils m'avaient suivi". Alors âgé de 35 ans, le Maréchal des logis chef Lacroix se retourne. "Il y a bien du monde dans ce bureau, qu'est-ce qu'il se passe ?" lance-t-il. "C'est là que ça a commencé. Chanel m'a ceinturé en me mettant un couteau sur le ventre en me disant si tu bouges, je te tue, vous êtes nos prisonniers".

Regardez ci-dessous le témoignage de Jean-Paul Lacroix, Maréchal des logis chef de la gendarmerie de Fayaoué, à Ouvéa en 1988 :

Quelques semaines après cette attaque, le gendarme a donné une interview à RFO Nouvelle-Calédonie. "J'ai pensé à une blague. Je me disais, ce n'est pas possible, ils plaisantent", expliquait-il à l'époque. Regardez ci-dessous cette interview :

Pris en otage, les gendarmes sont divisés en deux groupes. Le Maréchal des logis chef Lacroix fait partie du premier groupe. Mené par Chanel Kapoeri, il part pour le sud de l’île à Mouli, où les otages seront libérés trois jours plus tard. Le second groupe de seize otages est conduit par Alphonse Dianou et emmené dans la grotte de Wateto, dans le nord de l'île, près de la tribu de Gossanah.

En évoquant ce 22 avril 1988, Jean-Paul Lacroix éprouve un "sentiment de gâchis". "Une grande proximité avec les habitants, de bons rapports humains" : Jean-Paul Lacroix aimait travailler à Ouvéa. Il a quitté la Nouvelle-Calédonie en juillet 1988 et n'y est jamais retourné. "J'ai toujours rêvé d'un "pèlerinage", mais je n'en ai pas les moyens". En 2003, Jean-Paul Lacroix est devenu inspecteur à la SPA de Lyon. Il a quitté la gendarmerie "sans regret mais avec des souvenirs, bons et mauvais", raconte-il dans son livre "Ouvéa, 97 ne répond plus".

Le chef de brigade Lacroix, témoin de l'attaque de la gendarmerie de Fayaoué par des indépendantistes, le 22 avril 1988, s'entretient avec les membres de la mission de dialogue dont Christian Blanc (D) et Roger Leray (2ème D), le 25 avril 1988 à Ouvéa.

Walles Kotra, journaliste à RFO Nouvelle-Calédonie

Le soir du 22 avril 1988, Walles Kotra annonce l'attaque de la gendarmerie de Fayaoué, dans le journal télévisé de RFO Nouvelle-Calédonie. "Je dis souvent que j'ai fait une école de journalisme à Lille et que cette séquence difficile en Nouvelle-Calédonie a été ma véritable deuxième école", raconte-t-il trente ans plus tard. "On s'est reposé nos questions importantes sur la fiabilité des sources, sur comment distinguer l'information de la communication. L'armée faisait les deux et il fallait détricoter tout ça et apprendre notre métier sur le terrain. Journalistiquement, on a conscience que l'on bascule d'un journaliste de proximité à un journalisme de guerre", remarque Walles Kotra.

Regardez ci-dessous le témoignage de Walles Kotra, journaliste à RFO Nouvelle-Calédonie en 1988 :

Dans les heures qui ont suivi l'attaque de la gendarmerie de Fayaoué, l'île a été coupée du monde. Plus de ligne téléphonique, plus de nouvelles. Parti de Nouméa juste après l'attaque, l'équipe de journalistes de RFO Nouvelle-Calédonie a été enfermée dans un hangar de l'aéroport d'Ouloup à son arrivée à Ouvéa. Les journalistes ont ensuite repris un avion pour Nouméa sans "avoir pu couvrir les événements".

"En tant que Calédonien, Ouvéa est une blessure, estime Walles Kotra. On a vu notre pays se déchirer devant nous. Quand il m'arrivait d'annoncer des morts, je connaissais souvent toutes les personnes". Walles Kotra garde le souvenir d'une période compliquée sur le plan professionnel. "On est sorti un peu de la République", remarque-t-il.

L'Etat, qui dans beaucoup de domaines, nous aidait à faire notre métier, avait cette fois construit une sorte de mur du silence autour de ce qu'il s'est passé à Ouvéa. Ça aussi c'est une blessure.

Cms-ContentHasMedia_19070354

Bernard Pons, secrétaire d’Etat des DOM-TOM

Le 25 avril 1988, Bernard Pons, ministre (RPR) des DOM-TOM est dépêché en Nouvelle-Calédonie par le gouvernement. A peine arrivé, il réunit au haut-commissariat de Nouméa les responsables administratifs, politiques, judiciaires et les responsables des forces de l'ordre. "Il fallait parer au plus pressé", se souvient l'ancien ministre aujourd'hui âgé de 91 ans. Très vite, les douze otages du sud sont libérés. "On a mis en place un dispositif pour tenter de découvrir le lieu de détention des otages du nord ", se souvient Bernard Pons.

Le 25 avril au soir, il est invité du journal télévisé de RFO Nouvelle-Calédonie. Bernard Pons affirme que "la véritable déclaration de guerre est celle qui a consisté à assassiner dans des conditions absolument horribles quatre gendarmes. La prise de 27 otages est une déclaration de guerre et ce sont des actes terroristes".

Regardez ci-dessous l'extrait du journal du 25 avril 1988 avec Bernard Pons :

Trente ans plus tard, l'ancien ministre l'affirme : "les preneurs d'otages n'ont jamais voulu négocier. Ils exigeaient que Monsieur François Mitterrand, président de la République, vienne sur place à Gossanah et annonce l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. C'était une demande irréaliste. Il fallait trouver d'autres voies de négociations. On a essayé d'impliquer le FLNKS car il était à l'origine de la prise d'otages".

Selon Bernard Pons, la situation s'est dégradée dans les jours qui ont suivi. "L'état des otages était dramatique, j'ai demandé au général Vidal (qui commandait les forces armées en Nouvelle-Calédonie, ndlr) son analyse de la situation. Il m'a dit qu'un assaut était possible moyennant un certain nombre de pertes", raconte l'ancien ministre qui affirme alors "avoir envoyé copie de ces courriers à André Giraud, ministre de la défense". "Il l'a présentée à Jacques Chirac et à François Mitterrand. Le 3 mai, l'un et l'autre ont donné l'ordre de lancer l'assaut, poursuit Bernard Pons. Contrairement à ce que beaucoup ont dit, Mitterrand n'a pas eu la main forcée, il a eu plus de douze heures pour revenir sur l'ordre, et il l'a confirmé ".

Regardez ci-dessous le témoignage de Bernard Pons, secrétaire d'Etat aux DOM-TOM en 1988 :

Installé aujourd'hui dans le sud de la France, près de Nîmes, Bernard Pons est revenu sur ces événements dans un livre sorti en mars et intitulé "Aucun combat n'est jamais perdu". "On a toujours des regrets", avoue cet ancien politique.

Ce que l'on fait n'est jamais la perfection. J'ai peut-être commis des erreurs, mes collaborateurs en ont peut être commis, les généraux aussi, mais nous avons fait du mieux possible pour sauver le maximum de vies humaines.

Une photo d'archive prise le 13 septembre 1987 montre un graffitti indépendantiste "FLNKS Kanaky" sur un arrêt de bus à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

Rock Wamytan, membre du FLNKS

Le 26 avril 1988, Edmond Nikiriai, président du bureau politique du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) répond à Bernard Pons. "Il n'y a pas d'otages à Ouvéa. (...) Je ne sais qui sont les terroristes, lance Edmond Nikiriai. Bernard Pons est arrivé avec l'armée, le pays est en état de guerre, alors qui sont ces terroristes ? Le peuple kanak s'est toujours mobilisé. Est-ce que la réponse est au bout du fusil, je ne pense pas".

Regardez ci-dessous la déclaration d'Edmond Nikiriai le 26 avril 1988 :

Trente ans plus tard, les membres du bureau politique du FLNKS de l'époque sont décédés. En 1988, Rock Wamytan était un des membres du FLNKS. Selon lui, ce qu'il s'est passé ce 22 avril 88 est "un dérapage malheureux". "C’est la faute à "pas de chance"". "Ça ne devait pas se passer comme ça", affirme Rock Wamytan.

"En 1987, le statut Pons remettait en cause les acquis de la lutte du peuple kanak et notamment les régions. Nous gérions trois régions sur quatre, seule la région Sud était dirigée par Jacques Lafleur, du RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République). Le FLNKS s’est senti trahi par la parole de l’Etat, explique Rock Wamytan. Pour le FLNKS, c'était une forme d'ethnocide. Il s’est donc organisé pour boycotter le référendum de 1987".

Au sein du FLNKS, l'UC, l'Union Calédonienne, prend la tête de la contestation et "organise la résistance". "L’UC a laissé aux comités locaux, le soin de décider d'actions pour s’opposer par tous les moyens à ce statut Pons", explique Rock Wamytan à l'époque membre de la commission exécutive de l'UC. "Le comité local d’Ouvéa a décidé d'occuper la gendarmerie de Fayaoué, poursuit-il. C’était secret".

Les comités locaux étaient maîtres de leurs projets et ils avaient pour consigne de ne rien dire. Je voyais souvent Alphonse Dianou (leader des preneurs d'otagess, ndlr), il m'avait dit qu'il préparait quelque chose de très fort, mais à aucun moment il ne m’a parlé de cela.

Regardez ci-dessous le témoignage de Rock Wamytan : 

Le 26 avril 1988, lors d'une conférence de presse du FLNKS, Edmond Nikiriai, président du bureau politique estime que tous les "ingrédients nécessaires au déclenchement d'une guerre coloniale sont réunis". "Nous demandons à ce que le statut Pons ne soit pas appliqué, nous demandons au gouvernement d'ouvrir de véritables négociations", dit-il.

Regardez ci-dessous le reportage de RFO Nouvelle-Calédonie sur cette conférence de presse du FLNKS en 1988 :

Philippe Legorjus, commandant du GIGN

Le 27 avril 1988, quinze gendarmes sont toujours retenus en otage dans la grotte de Gossanah au nord de l'île d'Ouvéa. Le lieu est désormais repéré et entouré par des unités du GIGN. Philippe Legorjus, commandant du GIGN, se souvient : "nous attendions le lever du jour pour préciser les emplacements de tirs. Nous attendions aussi le procureur Bianconi car les interventions de gendarmerie sont encadrées judiciairement".

Cms-ContentHasMedia_19070374



"A son arrivée, le procureur Jean Bianconi souhaitait entamer des discussions avec les preneurs d'otage, raconte Philippe Legorjus. Il s'est engagé physiquement sur un petit chemin battu par le feu. Nous avions essuyé des tirs toute la nuit à cet endroit. Par instinct, j'ai voulu le protéger, je suis parti avec lui volontairement et ce qui devait arriver arriva".

Regardez ci-dessous le reportage de RFO Nouvelle-Calédonie sur cette nouvelle prise d'otage le 27 avril 1988 :

Tous deux sont pris en otage. Philippe Legorjus passera la journée dans la grotte avant d'en ressortir libre pour tenter une négociation. "Au début ça a été extrêmement dure. Tout le monde était très énervé dans la grotte. Personne n'avait dormi de la nuit, les preneurs d'otage savaient qu'ils étaient entourés par des forces de l'ordre", se souvient l'ancien commandant du GIGN. "La négociation de départ se fait sur des choses très basiques : boire et manger pour tout le monde".

Regardez ci-dessous le témoignage de Philippe Legorjus, commandant du GIGN :

Alors que la tension retombe dans la grotte, des coups de feu retentissent à la tombée de la nuit. "Nous comprenons qu'ils proviennent de la tribu de Gossanah d'où sont originaires la plupart des preneurs d'otage, poursuit Philippe Legorjus. Une énorme tension revient. Les preneurs d'otage pensent que l'armée règle des comptes avec leurs familles". Le commandant du GIGN profite de la situation pour convaincre Alphonse Dianou, leader des preneurs d'otages, de le laisser repartir pour voir ce qu'il se passe à Gossanah. "Je lui promets de revenir le lendemain matin", explique Philippe Legorjus qui parvient à quitter la grotte.

"Très vite, j'ai pensé pouvoir mettre en place ma médiation", affirme l'ancien commandant du GIGN. "Clairement, la posture gouvernementale de l'époque était un frein terrible à une résolution pacifique du dossier, poursuit-il. Toutes les décisions prises après la prise d'otage des gendarmes sont allées à l'inverse de ce qu'il aurait fallu faire".

Nous aurions dû effectuer un travail de recherche d'informations, de mis en place d'une négociation maitrisée et de solutions qui soient si possible pacifiques, ce qui était possible dans cette triste affaire.

Simon Loueckhote, membre du RPCR

Le 27 avril 1988, le député Maurice Nénou (RPCR) lance "un appel solennel" aux Calédoniens et au peuple français : "La Nouvelle-Calédonie est aujourd'hui le théâtre de troubles graves provoqués par une poignée de terroristes qui représente un parti politique mais certainement pas le peuple kanak. (…) Avec émotion et gravité, j'appelle nos compatriotes de métropole à nous apporter leur concours et leur secours contre le mépris que nous témoigne le président de la République, le candidat Mitterrand". 

Originaire d'Ouvéa, Simon Loueckhote se souvient de cet appel. En avril 1988, il était élu RPCR à l’Assemblée Territoriale et à la Région des Iles Loyautés. "Maurice Nenou lance cet appel, car nous nous sentions abandonnés, raconte Simon Loueckhote. Nous avions l’impression que l’Etat avait d’autres préoccupations que la Nouvelle-Calédonie.

Cet appel était nécessaire. Il s’agissait de dire que la Nouvelle Calédonie est partie intégrante du territoire national, que les français n’ont pas le droit de se désintéresser d’une partie des leurs.

Le RPCR soupçonne alors "le gouvernement socialiste de l’époque de vouloir larguer la Nouvelle-Calédonie, poursuit Simon Loueckhote. C'était un appel à l’aide, un appel de détresse".
A ce moment-là, Simon Loueckhote avait à peine trente ans. "J’étais partagé entre la peur et un sentiment d’abandon, confie-t-il. J’avais en tête  la contribution de nos anciens, de mon père, de tous les vieux d’Ouvéa, de tous les vieux kanak pour défendre la France. Et soudain l’inimaginable se produit. Ceux-là même que nous avions aidé à défendre des valeurs de liberté et d’égalité, nous lâchent. Ce pays lâche une partie des siens".

Après cet appel au rassemblement, le RPCR a le sentiment "d'avoir été entendu". "Je me souviens que Dick Ukeiwé (membre du RPCR) est allé dans toute la France pour parler de la Nouvelle-Calédonie, et notamment dans des meetings organisés par le RPR. Nous avions été entendus", conclut-il.

Regardez ci-dessous le témoignage de Simon Loueckhote : 

Paulo Wea, habitant de Gossanah

En 1988, Paulo Wea a 23 ans. A la tribu de Gossanah, sa vie est rythmée par le travail aux champs et la culture du coprah. "Nous avons entendu à la radio qu'il y avait eu des morts à la gendarmerie, se souvient Paulo Wea. Ici, on ne les attendait pas (les preneurs d'otages, ndlr). On les a vus passer en camion, puis ils sont partis en forêt".

Alors que les forces de l'ordre sont mobilisées pour tenter de localiser les otages, gendarmes et militaires arrivent à Gossanah. "Nous sommes une tribu indépendantiste, les gens du RPCR nous ont de suite désignés. Certaines personnes ont conclu que les otages étaient à Gossanah", raconte Paulo Wea. En hélicoptère par le ciel, en camion par la route, les militaires se déploient à Gossanah. 

Regardez ci-dessous le témoignage de Paulo Wea :

"C'était la guerre, j'avais l'impression que tous les militaires de Nouvelle-Calédonie étaient dans la tribu", raconte-t-il. "Ils nous ont emmenés puis attachés à des poteaux. Nos mains étaient liées. Croisés autour des poteaux, nos pieds ne touchaient pas terre. Ils nous demandaient "où sont les otages ?", "qui est le meneur?". Je répondais : "je ne sais pas", et un soldat sautait sur nos cuisses. On ne sentait plus nos jambes".

Trente ans après les faits, Paulo Wea se souvient de chaque détail. "Ils nous ont séparés. Les femmes et les enfants d'un côté, les hommes et les jeunes de l'autre, raconte-t-il. Avec un cousin, ils nous ont emmenés derrière l'église".

Ils nous ont fait coucher par terre, puis nous ont demandé de retirer nos vêtements. On a refusé. Ils nous ont frappés. Nous étions nus, allongés sur le sol, je ne voyais que la poussière. L'un d'eux tirait des coups de feu entre nos jambes. J'ai cru qu'ils allaient nous tuer.

Des gendarmes armés sont positionnés sur une route près de Bourail, le 7 mai 1988, la veille du second tour de l'élection présidentielle française et quelques jours après la prise d'otages à Ouvéa.

A suivre...

“Il y a 30 ans” continue la semaine prochaine avec de nouveaux témoignages : Jeno Wea, "porteur de thé", il a assuré le ravitaillement de la grotte de Gossanah, Benoît Tangopi, l'un des preneurs d'otages, mais aussi le général Vidal qui a mené l'opération Victor à Gossanah le 5 mai 1988. Rendez-vous lundi 30 avril pour un nouveau grand format et d’ici là, retrouvez chaque jour un témoignage sur les pages Facebook et Twitter de La1ère. N’hésitez pas à partager, twitter et commenter ces témoignages.