Primaire de la gauche : les cinq faits marquants du premier tour pour les Outre-mer

Manuel Valls et Benoît Hamon
Au plan national Benoit Hamon est arrivé en tête du premier tour de la primaire. Dans les Outre-mer, Manuel Valls l'a emporté. Il y a d'autres surprises, comme la victoire de Sylvia Pinel à Saint-Pierre et Miquelon ou d'Arnaud Montebourg à La Réunion. Décryptage. 

1. Victoire de Manuel Valls


Si au niveau national Benoit Hamon vire en tête du premier tour devant Manuel Valls, dans les Outre-mer c'est l'ex-Premier qui arrive largement en tête. Manuel Valls récolte  74% en Guadeloupe, 74% en Nouvelle-Calédonie, 65% en Martinique, 54% en Guyane,et 39% en Polynésie. Il l'emporte également  à Mayotte. Il était soutenu par la plupart des parlementaires ultramarins de gauche (voir le détail au point 5). 

Benoit Hamon réalise des scores nettement plus faibles : 26% en Polynésie, 23% en Guyane, 13% en Martinique, 11% en Guadeloupe, 10% en Nouvelle-Calédonie. 


2. La Réunion : Arnaud Montebourg l'emporte 


A La Réunion, le plus peuplé des départements d'Outre-mer, c'est Arnaud Montebourg qui arrive en tête avec 42%. Manuel Valls obtient 33% et Benoit Hamon 10,6%. Arnaud Montebourg doit sa victoire à Patrick Lebreton, député-maire socialiste de Saint-Joseph, qui figurait dans son organigramme de campagne comme responsable thématique Outre-mer. Les votes en faveur du candidat Montebourg ont été très nombreux à Saint-Joseph, le fief de Patrick Lebreton. Cette victoire de Montebourg est un vrai revers pour la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts. Députée de La Réunion jusqu'à son entrée au gouvernement, Ericka Bareigts soutenait Manuel Valls.

Ce résultat du premier tour de la primaire est une nouvelle illustration du bras de fer entre socialistes à La Réunion. Cette fois la victoire revient très nettement aux "socialistes des champs", ceux du sud. Les "socialistes des villes", au nord de l'île, menés par Ericka Bareigts et Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, ont nettement perdu cette bataille. 


3. Sylvia Pinel : triomphe à Saint-Pierre et Miquelon 


Au plan national, la représentante des radicaux de gauche se contente d'un score modeste : 2 %. Mais elle arrive en tête à Saint-Pierre et Miquelon avec 53%, loin devant Manuel Valls. L'explication est simple : Sylvia Pinel était soutenue par Annick Girardin, ministre de la Fonction publique qui était députée de Saint-Pierre et Miquelon jusqu'à son entrée au gouvernement. Membre du PRG, Annick Girardin a donc réussi à imposer sa candidate aux électeurs de sa circonscription.


4. Une faible participation 


Dans l'ensemble des Outre-mer, la participation à ce premier tour est faible. 274 votants à Saint-Pierre et Miquelon, 320 suffrages exprimés en Guyane, 2 414 votants en Martinique. La primaire de la gauche n'a pas fait recette, loin s'en faut.

Dans certaines collectivités ultramarines, il n'y avait même pas de scrutin organisé : Wallis et Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélémy.


5. Hamon-Valls : le duel des caciques et des jeunes


Outre-mer, Manuel Valls est soutenu par la plus grande partie des élus et parlementaires de gauche : Victorin Lurel (député de Guadeloupe et ancien ministre des Outre-mer), Serge Letchimy (député de Martinique), Georges Patient (sénateur de Guyane) et bien sur Ericka Bareigts (ministre des Outre-mer, ex-députée de La Réunion). Sa victoire Outre-mer est donc logique, malgré le revers notable à La Réunion. 

Dans le camp de Benoit Hamon, son porte-parole pour les Outre-mer est un jeune martiniquais de 23 ans, Valentin Narbonnais, un proche de Christiane Taubira. Il incarne la relève, diront certains. Le résultat du second tour marquera-t-il un changement de génération et une vraie rupture au sein du Parti Socialiste, aussi bien au plan national que dans les Outre-mer ? Réponse dimanche 29 janvier.