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Publication d’un rapport du Sénat sur la situation et les perspectives de développement des entreprises en Guyane

La délégation aux entreprises du Sénat vient de publier un rapport sur la situation et les perspectives de développement des entreprises en Guyane, rédigé par les sénateurs Elizabeth Lamure et Antoine Karam.

Vue d'une rue de Cayenne, en Guyane. © Philippe Triay
© Philippe Triay Vue d'une rue de Cayenne, en Guyane.
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Le rapport fait suite au déplacement courant septembre de quatre membres de la délégation sénatoriale aux entreprises, dont sa présidente Elizabeth Lamure (Les Républicains) et Antoine Karam (sénateur de Guyane apparenté LREM), à Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni, Mana et Kourou. Durant son séjour, la délégation a rencontré une quarantaine d’entrepreneurs et de représentants d’organisations socioprofessionnelles.

« Confrontées aux mêmes difficultés que leurs consoeurs de l'Hexagone, les entreprises guyanaises souffrent en outre de maux spécifiques à ce département : insécurité, insuffisance des infrastructures - en matière de transport, d'énergie comme de télécommunications -, difficultés d'accès au foncier, manque de main d'oeuvre qualifiée, approvisionnements coûteux, longueur des délais de paiement, étroitesse du marché guyanais, concurrence des pays voisins non soumis aux normes européennes... », relève le rapport dans son introduction.

Délais de paiement

La délégation note particulièrement trois points « qui illustrent la situation remarquablement difficile des entreprises en Guyane ». Tout d’abord les entreprises subissent de la part du secteur public local des délais de paiement pouvant aller jusqu'à plusieurs mois voire même plusieurs années, ce qui n'est pas tenable pour la trésorerie des entreprises. Ensuite, « les importations guyanaises en provenance des pays voisins d'Amérique du Sud doivent transiter par l'Europe pour revenir en Guyane du fait de l'absence de structures pour y contrôler la conformité des produits importés aux normes françaises et européennes en matière sanitaire et phytosanitaire ». Et enfin, l'octroi de mer, « qui frappe les importations depuis trois siècles », représente une ressource fiscale essentielle pour les collectivités territoriales, mais ce dispositif dissuaderait ces dernières « d'encourager un développement économique endogène, qui serait susceptible d'amoindrir leurs recettes fiscales. »

Le document explique qu’ « il est capital d'accompagner le développement des entreprises guyanaises par l'investissement », d’ « accompagner la croissance de la Guyane au lieu de se satisfaire de sa dépendance à l'égard de l'Hexagone ». Et précise : 

En réponse aux défis structurels, sécuritaires, économiques et sociaux auxquels la Guyane est confrontée, on ne peut pas se contenter d'acheter la paix sociale, de plus en plus coûteuse et de plus en plus fragile, on l'a vu en mars dernier ; il faut répondre à la très forte attente des Guyanais, à la fois à très court terme et à moyen terme.. »



Développement autonome

Par le biais de l’entreprise, la Guyane pourrait trouver le moyen de son développement autonome, poursuit le texte, « à condition qu'elle puisse effectivement se structurer par filières, tracer son chemin de croissance et disposer de la liberté suffisante pour s'inscrire dans son contexte régional qui n'a rien de commun avec l'environnement européen de l'Hexagone. »

Soulignant que l’Etat doit assumer sa part, la délégation propose plusieurs pistes, parmi lesquelles : le renforcement de son autorité, aux frontières, en améliorant la coopération avec les pays voisins pour réduire l'immigration clandestine, en contrôlant mieux les flux, et en assurant la sécurité à l’intérieur par un renfort des forces de police et de gendarmerie ; le désenclavement de la Guyane, « y compris au plan numérique », et la modernisation de ses infrastructures ; la libération et la mobilisation de « son foncier au service du développement économique et social du territoire, avec une vision stratégique pour valoriser la Guyane » ; et la simplification de la vie des entreprises guyanaises : « assurer le respect des délais légaux de paiement, raccourcir les délais d'autorisation, faciliter le déblocage des fonds européens, adapter les normes à la situation locale, ne pas imposer aux entreprises guyanaises des obligations matériellement impossibles à respecter ».

Pour en savoir plus :
>>> Le rapport de la délégation aux entreprises du Sénat  sur la Guyane est ICI

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