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Qui est Rachid Rafaa, le djihadiste présumé, en fuite en Martinique ?

Assigné à résidence en Martinique depuis deux ans, Rachid Rafaa est en fuite depuis 24 heures. Soupçonné d’être proche d’AQMI, cet informaticien marocain de 40 ans avait été arrêté en France, en 2009. La1ère.fr fait le point.

© Gendarmerie
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  • Par Laura Philippon
  • Publié le , mis à jour le
Assigné à résidence au Morne-Rouge en Martinique, Rachid Rafaa a pris la fuite, mercredi 27 juillet. Depuis 24 heures, l’informaticien marocain soupçonné de liens avec AQMI a disparu dans la nature.

Qui est Rachid Rafaa ?

Rachid Rafaa est né le 30 juin 1976, à Marrakech (Maroc). Fin 2009, alors qu’il est installé à Metz, en Moselle, cet informaticien fait l’objet d’un mandat d'arrêt international émis par le Maroc pour "constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes". Rachid Rafaa est alors placé en détention en France, dans l'attente de son extradition.

De quoi est-il soupçonné ?

Les autorités marocaines le soupçonnent d'être lié à des responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il les aurait aidés à diffuser leurs messages par internet. Un soupçon partagé par les services français de lutte contre le terrorisme, qui considèrent que cet homme est connu pour "son appartenance à la mouvance djihadiste internationale".

L’informaticien nie ces accusations. Il estime être pris pour cible en raison de son soutien à la cause du Sahara occidental. Selon France 3 Lorraine, il avait ajouté avoir été, pour cette raison, détenu et torturé pendant vingt jours à Rabat, au Maroc, en 2009, avant de s'enfuir en France.

Pourquoi n’a-t-il pas été extradé au Maroc ?

Placé en détention en France, en 2009, Rachid Rafaa était en attente de son extradition, mais il craignait de nouvelles tortures dans son pays d’origine. En 2013, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait alors décidé d’interdire son extradition de manière définitive vers le Maroc.

Pourquoi une assignation à résidence en Martinique ?

Début 2014, la chambre de l'instruction de Metz ordonne la remise en liberté de Rachid Rafaa. Dès sa sortie de la prison de Nancy-Maxéville, il est interpellé, puis placé dans un centre de rétention administrative à Lille, à la suite d'un arrêté de reconduite à la frontière pris par le ministre de l'Intérieur.

"Nous avons fait un recours devant le tribunal administratif contre cet arrêté. Mais le ministère nous a coupé l'herbe sous le pied, en demandant une assignation à résidence. Or, si la juridiction administrative s'était prononcée, il serait aujourd'hui probablement dehors," avait expliqué à l’époque à l’AFP son avocate nancéienne.

"M. Rafaa ne souhaite pas dire où il se trouve assigné à résidence, car il craint les services secrets marocains. Je redoute un coup tordu et qu'il soit livré en pâture", avait-elle ajouté.

Quelles réactions en Martinique ?

Le 15 mai 2014, Rachid Rafaa entame son assignation à résidence en Martinique. Dans la commune de Morne-Rouge, sa présence est commentée au moment des attentats de novembre 2015. "J'ai interpellé la Préfecture, la population s’inquiète", affirmait sur Martinique 1ère, le Maire du Morne-Rouge, Jenny Dulys. "Il n'y a aucune menace directe, il est dans un dispositif de contrôle administratif spécifique, rétorque à l’époque Fabrice Rigoulet-Roze, Préfet de Martinique. Il a une obligation de pointer auprès des services de sécurité". Une obligation pas respectée par Rachid Rafaa depuis 24 heures.

Au Morne-Rouge, ce mercredi 27 juillet, le maire de la commune a installé une cellule de crise. "Il faut rassurer la population et les élus", explique Jenny Dulys qui s’étonne de ne pas "avoir été informée en premier lieu" de la disparition de Rachid Rafaa. "Si nous avions plus d’informations, nous pourrions rassurer la population", poursuit-elle. "Nous avions déjà été informés à la dernière minute de son arrivée sur le territoire (en 2014), rappelle Jenny Dulys. Il semblerait qu’il aurait été refusé à la Réunion, refusé à la Guadeloupe et c'est la Martinique qui la accueilli".
 
Ci-dessous le reportage de Martinique 1ère à Morne-Rouge ce mercredi :
morne rouge


Les recherches se poursuivent en Martinique

Hélicoptère, contrôles routiers, un important dispositif est mis en place en Martinique pour tenter de retrouver Rachid Rafaa. Dans un communiqué diffusé mercredi, le commandement de la gendarmerie précise qu'un "homme de nationalité marocaine, assigné à résidence sur la commune du Morne-Rouge depuis le 15 mai 2014, s'est soustrait à cette mesure à compter de la matinée du mercredi 27 juillet 2016".

Le communiqué donne, avec trois photos à l'appui, le signalement de cet homme : "âgé de 40 ans, corpulence très mince, taille 1m69, visage ovale, yeux noirs, cheveux châtains mi-longs ondulés. Il serait porteur d'un sac de voyage de couleur grise et d'un sac cabas rayé rouge et blanc".

La gendarmerie demande à toute personne ayant une information permettant de le localiser de contacter le centre opérationnel de la gendarmerie au 05 96 59 90 00.

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