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Rodolphe Alexandre et Emmanuel Macron, défenseurs de l'Amazonie aux Nations Unies

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Macron et Alexandre ONU
Emmanuel Macron et Rodolphe Alexandre à New York, lundi 23 septembre ©FTV
Le président français et le président de la Collectivité Territoriale de Guyane ont tous les deux défendu, à l'ONU, la forêt amazonienne, "patrimoine naturel de l'humanité", lors d'une réunion organisée avant le sommet sur le climat.
Peu avant l'ouverture du sommet, le président français, Emmanuel Macron, a convié ses homologues chilien, colombien et bolivien - mais pas le président brésilien, Jair Bolsonaro - une réunion, au cours de laquelle de nouveaux programmes ont été annoncés pour les forêts tropicales, avec un financement d'environ 500 millions de dollars. 
Macron
Les présidents français et boliviens côte à côte pendant une réunion sur l'Amazonie, en marge du sommet sur le climat à l'ONU. ©LUDOVIC MARIN / AFP
 

Une main tendue vers le Brésil

Dans son discours, Emmanuel Macron a évoqué les incendies qui ravagent l'Amazonie depuis plus d'un mois. "Si nous avons pris cette initiative, c’est parce que les incendies ont ému la planète entière et parce que la France est présente en Amazonie à travers la Guyane, a déclaré le président français. 

"On va se parler franchement,
a poursuivi Emmanuel Macron. Quels sont nos risques ? Bien sûr il y a l’absence du Brésil, qui n’est pas présent aujourd’hui. Tout le monde se dit 'comment allez-vous faire sans le Brésil ?' Le Brésil est le bienvenue et tout le monde a envie de travailler avec le Brésil. Je pense que ça viendra. Il faut avoir une démarche inclusive. J’ai bon espoir."
 

Rodolphe Alexandre et les peuples autochtones

Rodolphe Alexandre a ensuite pris la parole au nom de son "département-région, la Guyane", "fière de son destin croisé d'américain et européen, de son identité amazonienne".

Nous tous Sud-Américains, nous sommes dépendants de la biodiversité amazonienne. Elle nous protège, elle nous nourrit, nous soigne, nous habille, nous loge. Elle nous enseigne également le respect de la vie et de soi.

-Rodolphe Alexandre


"Cette forêt abrite des hommes et des femmes (…) des peuples autochtones (…)", rappelant, au passage, à Emmanuel Macron qu’ils attendent toujours la ratification de l’article 169 de l’OIT favorisant l'auto-détermination de tout peuple indigène. "Aux côtés des peuples autochtones, vous avez des créoles, des Brésiliens, des Surinamais, des Martiniquais, jusqu’aux Hmongs (…) qui habitent également la forêt amazonienne", a rappelé le président de la Collectivité territoriale de Guyane, pointant ainsi la nécessaire "préservation de ce territoire véritable patrimoine naturel de l’Humanité".
 

Pour une exploitation minière "responsable"

Rodolphe Alexandre a également évoqué l'orpaillage illégal, saluant au passage le programme HARPIE mais réclamant plus de moyen pour lutter contre ce "fléau". Il a aussi salué le rejet du projet Montagne d’Or par Emmanuel Macron, tout en demandant que le débat à venir sur le code minier "soit véritablement ouvert", affirmant, à la tribune de l'ONU que des extractions minières pouvaient être "responsables, transposables, transparentes" et respectueuses de l’environnement ainsi que des normes européennes.

Regardez l'intervention de Rodolphe Alexandre ce lundi dans cette vidéo à partir de 7'20 

L'Amazonie et le climat au centre de toutes les préoccupations

Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l'ONU ce lundi pour un sommet sur "l'urgence climatique" censé revigorer l'accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre. "L'urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner", a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. 

Selon un pré-bilan de l'ONU lundi matin, 66 États ont souscrit à l'objectif d'une neutralité carbone d'ici 2050. Jusqu'à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L'Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

 
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