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Rugby : trois pays du Pacifique menacent de boycotter la Coupe du monde 2019

Fidji, Samoa et Tonga dénoncent le projet de ligue mondiale qui serait lancée dés 2020 et regrouperait douze nations du rugby. En rétorsion, ils menacent de boycotter la Coupe du monde au Japon en 2019. Explication. 

Les joueurs fidjiens (ici en plein Haka au Stade de France en 2018) seraient exclus, comme Samoa et Tonga, de la future ligue mondiale. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP
© Anne-Christine POUJOULAT / AFP Les joueurs fidjiens (ici en plein Haka au Stade de France en 2018) seraient exclus, comme Samoa et Tonga, de la future ligue mondiale.
  • La1ere.fr avec AFP
  • Publié le , mis à jour le

Acte 1 : le projet de ligue mondiale

C'est un article du quotidien The New Zealand Herald qui a déclenché les hostilités. Le journal révèle que l'instance dirigeante du rugby mondial planche sur une "Ligue mondiale". Elle serait lancée dés 2020 et regrouperait douze nations de l'ovalie : 
celles qui participent au Tournoi des six nations (France, Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande et Italie), celles de l'actuel Rugby Championship (la compétition entre les quatre grandes nations de l'hémisphère sud : Nouvelle Zélande, Australie, Afrique du Sud et Argentine), auxquels s'ajouteraient le Japon et les Etats-Unis.

Toutes ces équipes se rencontreraient au moins une fois dans l'année et les quatre meilleures se retrouveraient ensuite en demi-finales avant une grande finale, sur le modèle de la Ligue des nations de football créée récemment par l'UEFA.
    
Un tel système exclurait pour une durée d'au moins 10 ans les nations du Pacifique (Fidji, Samoa, Tonga) qui fourmillent de joueurs de talent mais survivent avec des moyens financiers limités. 

Selon The New Zealand Herald, un diffuseur, dont le nom n'a pas été dévoilé, a présenté une offre comprise entre 6 et 8,5 millions d'euros par an et par fédération participante.
 

Acte 2 : la réaction des "petites nations"

L'exclusion des Fidji, Tonga et Samoa d'une Ligue mondiale fermée aurait "un impact énorme" sur le développement du rugby dans ces archipels, affirme le patron du syndicat Pacific Rugby Players, Aayden Clarke. "On va avoir des joueurs qui ne vont pas participer aux Tests pour signer des contrats de trois ou quatre ans avec des club en France ou au Royaume-Uni."

De son côté, l'association qui défend les intérêts des joueurs issus du Pacifique, la Pacific Player Welfare, publie un communiqué (lien en anglais)  dans lequel elle évoque un possible boycott de la Coupe du monde 2019 qui doit se disputer en 2019 au Japon. 
 

Acte 3 : l'embarras des autres nations

Les "grandes" nations du rugby du Pacifique réagissent avec embarras. "Le modèle du tournoi doit offrir aux pays des îles du Pacifique et aux autres pays en développement la possibilité de continuer à se développer et à concurrencer les pays de niveau 1", a expliqué Raelene Castle, directrice générale de la Fédération australienne, qui a assuré soutenir le projet mais a insisté qu'aucun format n'avait encore été décidé.

Même son de cloche, officiellement, du côté de la Nouvelle-Zélande: "N'importe quelle nouvelle compétition doit être accessible aux pays en développement, y compris nos voisins du Pacifique", a déclaré son directeur exécutif Steve Tew selon lequel il en va de "l'intégrité" de la compétition.
    

Acte 4 : World Rugby temporise

Face à la polémique, World rugby tente de botter en touche. La fédération mondiale à l'origine du projet a publié un communiqué stipulant que "le nombre de matches joués et le développement des nations émergentes sont au coeur" des discussions sur la future compétition internationale.

 

 

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