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Sarah Mouhoussoune, une femme engagée [PORTRAIT]

Femme politique, ancienne syndicaliste, évoluant dans le milieu associatif, mère et grand-mère, cette sexagénaire est de tous les combats pour son île natale : Mayotte.
 

Sarah Mouhoussoune, dans l'hémicycle du CESE © KARINE ZABULON
© KARINE ZABULON Sarah Mouhoussoune, dans l'hémicycle du CESE
  • Par Karine Zabulon
  • Publié le
Au 1er janvier 2019, Sarah Mouhoussoune est élevée au rang de chevalier de la Légion d’honneur. Une belle distinction pour cette femme qui ne peut rester sans rien faire. Membre du Conseil Economique, Social et Environnemental dans le groupe Outre-mer, elle se bat pour que Mayotte devienne un département avec une économie suffisante, et un taux d’infrastructure acceptable.
 

Un chantier immense

L’accès aux services publics dans les outre-mer est son cheval de bataille au sein du conseil économique social et environnemental. D’autant plus qu’à Mayotte, le chantier est immense. Il faut pouvoir accueillir tous les élèves dans les écoles, ou encore désengorger les  services de la préfecture submergés par les demandes. Il y a urgence !   L’étude est donc lancée. Un focus est effectué par ailleurs sur les situations particulières de crise que connaissent Mayotte, la Guyane, et Saint-Martin. Les préconisations seront rendues au plus tard en septembre 2019 au gouvernement. Il met en application en général, les deux tiers des recommandations du CESE.
 
Présentation à la délégation Outre-mer du CESE de l'étude sur l'accès aux services publics dans les Outre-mer © KARINE ZABULON
© KARINE ZABULON Présentation à la délégation Outre-mer du CESE de l'étude sur l'accès aux services publics dans les Outre-mer
 

Engagement

Sarah Mouhoussoune fait ses premières armes dans le milieu associatif et au niveau syndical. Elle gravit tous les échelons, jusqu'à prendre la tête du syndicat FO à Mayotte. Son premier combat politique,  elle le mène en 2004 en se présentant aux sénatoriales. Loin d’être élue, elle ne baisse pas les bras pour autant. Quatre ans plus tard, cette femme de gauche devient la première femme à siéger au conseil départemental de Mayotte.

En 2015, elle est désignée pour être membre de la troisième assemblée de la République, le conseil économique, social et environnemental, le CESE. Un mandat de cinq ans. Pour le mener à bien, en parallèle de son mandat de conseillère municipale dans l’opposition à la mairie de Dambéni, elle choisit de se mettre à temps partiel au tribunal de Mamoudzou, où elle est greffière.  
Sarah Mouhoussoune, une femme engagée


Impulsion

« Je ne serais pas là où je suis sans mon mari ! ». Un parcours impulsé par celui qui partage sa vie depuis ses études à La réunion. C’est dans cette île qu’ils se sont rencontrés. Elle était alors infirmière. Lui aussi travaillait dans le milieu hospitalier. Ensemble, ils ont trois enfants à La Réunion. Elle arrête de travailler pour s’occuper d’eux. Mais seulement pour un temps. « C’est lui qui m’a forcé la main pour reprendre des études ». Il l’inscrit à l’institut d’administration des entreprises. Elle obtient son diplôme en 1984.

La famille rentre deux ans plus tard à Mayotte. Là, le couple a 3 autres enfants. Elle les élève et travaille en parallèle au tribunal de Mamoudzou, passe son diplôme de greffière en 2009. Sans permis de conduire, c’est son mari qui l’emmène dans les meetings et autres réunions politiques.


Famille

Issue d’une fratrie de 11 enfants, mère de 6 enfants, et grand-mère de 7 petits-enfants, Sarah Mouhoussoune est comblée, même si sa famille est dispersée aux 4 coins du globe, entre New-York, Singapour, Paris et Mayotte. Les moyens de communications permettent aujourd’hui de rester en contact malgré la distance.
 

Enfance

Elle voit le jour à Mayotte un 20 août 1956. Son père est instituteur, sa mère, femme au foyer. Une enfance entre Petite-Terre et Grande-Terre.  En vacances chez ses grands-parents en Grande-Terre, avec les cousins et les cousines, la vie est joyeuse, même si le confort n’est pas total. Il n’y a ni eau, ni électricité. Les lessives se font directement dans l’eau de la rivière. Quand les bougies manquent, il faut recourir au système D. Du coton imbibé d’huile de coco brûlé pour donner un peu de clarté le soir.

Musulmane, elle s’ouvre aussi à d’autres cultures à travers l’enseignement. Le matin, elle se rend à l’école laïque, et l’après-midi, à l’école coranique. Très vite, elle veut aider les autres. Son engagement débute alors….
 


 

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