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Signature d'un partenariat entre l'Etat et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage

histoire
Edouard Philippe et Jean-Marc Ayrault
Signature d’une convention de partenariat entre l’État et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage avec l'actuel Premier ministre Edouard Philippe et Jean-Marc Ayrault, Président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. ©Carine Schmitt / Hans Lucas
Le Premier ministre Edouard Philippe et le Président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage Jean-Marc Ayrault ont signé ce vendredi 15 novembre une convention de partenariat entre l'État et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. 
En préambule, et avant de signer avec Jean-Marc Ayrault la convention de partenariat entre l'État et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, Edouard Philippe s'est attaché a revenir sur l'histoire d'un "aventurier normand" : le marquis de La Pailleterie qui partit à Saint-Domingue au milieu du XVIIIe siècle.
 

Cette histoire normande emprunte les routes de la mondialisation marchande dans ce qu'elle a de plus conquérant et aussi de plus infamant, car les îles qui semblaient un Eldorado à certains sont pour d'autres un enfer, celui de l'esclavage qui assimile les noirs à des biens meubles conformément au Code noir qui s'applique depuis 1685.

Thomas Alexandre
©AFP
Alexandre Antoine de la Pailleterie achète une plantation et a plusieurs enfants avec l'une de ses esclaves. Parmi ces enfants, il y a Thomas Alexandre, le père de l'écrivain Alexandre Dumas.

Ce dernier grandit à Saint-Domingue, puis rentre en France. Il s'engage alors au premier rang des soldats dans les Dragons de la reine, fonde les Chasseurs alpins et devient l'équivalant d'un général quatre étoiles.
 

Héros national 

"Ce Thomas Alexandre Dumas était né sinon esclave, du moins dans ce monde marqué, et marqué aux fers", insiste le Premier ministre, qui ajoute, "le premier Antillais, le premier descendant d'Africain, à parvenir au grade de général, ce héros national mourut dans la pauvreté sans avoir obtenu la légion d'honneur, car il était noir dans un pays redevenu raciste."  

Cette histoire est pour le Premier ministre, "une magnifique illustration de tout ce que la France peut faire de lumineux et de sombre dans la vie d'un homme". En insistant sur notre histoire faite de sang mêlée, le Premier ministre a aussi rappelé que, "dans toutes nos familles, comme chez les Dumas, il peut y avoir un héros qui descend d'un esclavagiste." 

Et le Premier ministre de conclure l'histoire de Thomas Alexandre en rappelant , "l'esclavage en territoire français fut et reste une abomination qu'il convient d'étudier, de commémorer et de dénoncer comme tel, c'est notamment la mission de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage". 
 

La place de l'esclavage dans notre histoire 

Edouard Philippe a également insisté sur l'importance du travail que mène sur tous nos territoires, les enseignants, les chercheurs, les artistes, les associations, les collectivités pour mettre au jour la place de l'esclavage dans notre histoire économique, politique et démographique.

Le Premier ministre estime que la France progresse depuis 30 ans sur cette question de l'esclavage. Edouard Philippe cite comme exemple la marche du 23 mai 1998 en mémoire des victimes de l'esclavage et de la traite dans les colonies françaises, la loi du 21 mai 2001 qui reconnaît la traite et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité, au rapport d'Edouard Glissant ou encore au choix de la date du 10 mai comme journée nationale de commémoration. 
   

Création officielle de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage 


Deux décrets, parus mercredi, suppriment le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, et créent à la place la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, présidée par l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Un premier décret, signé du ministère de l'Intérieur, reconnait comme établissement d'utilité publique la "Fondation pour la mémoire de l'esclavage", qui avait été annoncée en 2016 par l'ancien président François Hollande.

Un second décret du ministère des Outre-mer, entérine la suppression du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE), qui existait depuis 15 ans et que la fondation va remplacer. 

Présidée par Jean-Marc Ayrault, la Fondation sera logée à l'Hôtel de la Marine, place de la Concorde, où l'abolition de l'esclavage fut décrétée le 27 avril 1848 par Victor Schoelcher.

La Fondation aidera "à replacer l'esclavage dans le temps long de l'Histoire de la France, du premier empire colonial français à nos jours, car il est impossible de parler de la France d'aujourd'hui sans parler de son passé colonial, sans dire en particulier le rapport singulier qu'elle entretient avec le continent africain, cette relation complexe et profonde qui est devenue une part inaliénable de nos identités respectives", avait déclaré Emmanuel Macron en avril 2018.

Selon le site de la mission de préfiguration de la Fondation, elle devrait disposer d'un budget annuel de 2,2 M d'euros dont la moitié apportée par l'État, le reste par des mécènes.
 
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