TÉMOIGNAGE. J’ai testé pour vous… manger 100% local pendant une semaine en Guyane

en 1ère ligne
Fruits et légumes ©En 1ère Ligne
Thalia, vigie “En 1ère ligne” de Guyane, a tenté de passer une semaine à se nourrir à base de produits locaux. Ce défi permet de réduire l’empreinte carbone de son alimentation et de soutenir les producteurs locaux. Il l'amènera également à se questionner sur l’autonomie alimentaire du territoire. Retour d'expérience sur cette semaine.

Je pensais que d’un point de vue financier ce défi serait impossible. Pour moi, les produits locaux coûtent forcément plus chers que les produits importés. Avec mon budget limité d’étudiante, je n’étais vraiment pas optimiste. Cette semaine de challenge m’a permis de voir que c’était possible. Tout d’abord, cela m’a poussé à mieux manger et à prendre le temps de m’intéresser de plus près à ce que je mets dans mon assiette ! Je vous livre mon ressenti et mon menu de la semaine.

Jour 1

Quand on n’a pas l’habitude de s’alimenter avec des produits locaux, le premier jour peut être un peu compliqué. J’ai cherché sur internet où acheter des produits guyanais et il n’y a pas tant d’informations que cela… 
Finalement, j’ai réussi à trouver de la confiture pour mon petit déjeuner et de quoi faire une fricassée de cochon pour le déjeuner. Je m’en sors bien ! J’ai acheté un panier avec plein de fruits et légumes (carottes, concombres, aubergines…) qui devrait me faire la semaine.

Jour 2

Pour le petit déjeuner, je reste simple : tisane à la citronnelle et tarte aux mangues. Pour le midi, j’avais envie de porc mais vu le prix, je me suis rabattue sur le poulet ! Ce sera un colombo de poulet et des bananes plantains.

Plusieurs magasins vendent des produits locaux mais même dans ces endroits il faut faire attention à l’origine des aliments. Je n’ai toujours pas trouvé, par exemple, d’oignons ou de riz guyanais… ce sera mon défi dans le défi que d’en trouver.

Jour 3

Aujourd’hui, je suis allée au marché. Je n’avais pas grand chose à acheter mais je voulais une laitue pour ce midi. Les prix y sont bien inférieurs qu’en grande surface. J’ai dépensé 1,50 euro pour ma salade contre 2,80 euros en général en magasin.

Faire ses courses au marché, c’est vraiment un conseil que je donnerai à toutes celles et ceux qui souhaitent manger local. C’est plus économique et, en plus, cela permet de limiter ses déchets. Il y a bien moins de plastique que dans les grandes surfaces.

Jour 4

Pour moi qui ne faisait pas attention à la provenance des produits, je ne dirais pas que ce défi n’est pas difficile mais il faut vraiment chercher, être attentive… d’autant qu’il n’y a pas vraiment un label ou des étiquettes spécifiques sur ce qui est produit en Guyane. Mais globalement, cette semaine se passe bien. 

Et c’est stimulant car je sais que je réduis mon empreinte carbone, j’utilise moins d’emballages plastiques et je mange beaucoup plus sainement ! En faisant attention à l’origine des produits, je suis plus vigilante sur les recettes et mon alimentation est plus variée.

Jour 5

Pour ce dernier jour de défi, il me fallait quelque chose de typique de chez moi et j’ai opté pour une salade de couac (de la semoule de manioc), avec des légumes et du poulet. 100% local et 100% délice.

Ce que je retiens de cette semaine 

C’était vraiment ma grande crainte et financièrement parlant, ce défi est complètement réalisable. J’ai acheté un panier de fruits et légumes, des œufs, du riz (local !), plusieurs morceaux de viande, de la confiture, etc pour un peu moins de 90 euros au total, mais en sachant qu’il me reste suffisamment de nourriture pour toute la semaine prochaine, donc environ 45 euros pour la semaine. En ce qui me concerne, ces jours de défi ont été bien plus économiques que lorsque j’achète des produits importés.

Enfin, ce que je retiens de positif de ce défi, c’est que manger guyanais, c’est possible, ça permet de manger moins cher et mieux… c’est génial, je le recommande à tout le monde.