Dans le conte signé Collodi, Pinocchio apprend à ses dépens qu’il ne suffit pas de dire pour faire et avoir, qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il y a parfois des contraintes à subir, des obstacles à surmonter ou des règles à suivre. Pinocchio 21 le démontre dans sa narration, en transposant dans notre siècle ces préceptes voire en les faisant siens.
Car il ne suffit pas de vouloir faire du théâtre jeune public pour y arriver. Fort d’un savoir-faire éprouvé, Antoine Chalard a su très bien mener son adaptation en y introduisant subtilement des messages suffisamment clairs pour que les enfants à leur hauteur, les saisissent ou tout au moins les appréhendent. Antoine Chalard, accompagné de Florent Voisin, nous dit pourquoi cette adaptation :
La Fée bleue qui évoque en filigrane les hommes ou les femmes en transition de genre est un parfait exemple de messages qui passent en douceur dans Pinocchio 21. Et voir les bambins dans la salle pas du tout étonnés par son apparition et son apparence laissent à penser que ce sont surtout les grands qui ont un problème avec ces questions-là.
Pinocchio 21 joue avec l’addiction des enfants aux écrans - avec la bénédiction passive ou active de leurs parents-, évoque le rôle prépondérant de l’argent dans nos vies, jongle avec les directives de l’Education nationale (!) avec une ironie jouissive.
Il y a surtout sur scène devant enfants et adultes un très bon trio de comédiens (Florent Voisin, Florent Malburet et Antoine Chalard) enchaînant les répliques avec une énergie et une efficacité remarquables et une scénographie au sommet… de l’échelle. Pinocchio 21 ou un spectacle malin et bien de son siècle à voir, petits comme grands.
"Pinocchio 21" d’Antoine Chalard, au TOMA 2022, à La Chapelle du Verbe Incarné jusqu’au 30 juillet (relâche les mercredis).