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Thierry Robert visite la prison de Fleury-Merogis après le suicide d’un surveillant réunionnais

Le député de la Réunion a visité ce vendredi matin la plus grande prison d’Europe, dont 60 % des surveillants sont originaires d’outre-mer. Cette visite intervient 10 jours après le suicide d’un gardien réunionnais.

Le député réunionnais Thierry Robert a visité la prison de Fleury-Merogis ce vendredi 1er juin. © CB
© CB Le député réunionnais Thierry Robert a visité la prison de Fleury-Merogis ce vendredi 1er juin.
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Comme l’autorise désormais la loi, un parlementaire peut visiter une prison en France en présence de la presse. Thierry Robert a choisi de se rendre à Fleury-Mérogis. L’établissement est en deuil après le suicide de l’un de ses surveillants, Alexandre Gonneau. Ce jeune Réunionnais de 27 ans s’est jeté du pont de Tancarville le 22 mai. Son corps a été retrouvé mercredi par la police. Jeudi 31 mai à midi, le personnel pénitentiaire de Fleury-Mérogis a respecté une minute de silence en mémoire de ce collègue apprécié de tous et surnommé "yeux verts". Reportage de France Ô/ la1ère ci-dessous :

Visite de Fleury-Mérogis par Thierry Robert

Plusieurs suicides de détenus

Pour débuter sa visite, le député de La Réunion s’est d’abord rendu dans le bureau de la directrice de l’établissement, Nadine Picquet. Aucun sujet n’a été évité. Il a ensuite sillonné le bâtiment D1, accompagné par la directrice et plusieurs surveillants. A travers une fenêtre, il a pu s’entretenir avec un détenu se plaignant de ses conditions carcérales.

Fleury-Mérogis connait ces derniers mois une vague de suicides de détenus qui, selon la direction, touche principalement des personnes ayant des troubles psychiatriques qui auraient dû être hospitalisées.
Un couloir de Fleury-Merogis, la plus grande prison d'Europe (décembre 2017). © Philippe LOPEZ / AFP
© Philippe LOPEZ / AFP Un couloir de Fleury-Merogis, la plus grande prison d'Europe (décembre 2017).

20 ans d'attente pour une mutation

Le député a longuement parlé avec les surveillants. 60 % d’entre eux soit environ 700 à 800, viennent des départements d’Outre-mer. Beaucoup souhaitent rentrer chez eux. Un surveillant réunionnais l’a interpellé : "Ça fait plus de 10 ans que j’attends et l’administration pénitentiaire ne favorise que les cas sociaux, s'indigne-t-il. J’en ai plus que marre. Moi je fais mon boulot."

Selon la direction de l’établissement, le temps d’attente aujourd’hui pour retourner à La Réunion est de 20 ans. "Je ne veux pas être dans la démagogie, répond le député aux journalistes qui le suivent, il faut se préparer à rester plus longtemps."

Sous-effectif et surpopulation

Thierry Robert a pu voir une cellule, alors que le détenu était en promenade. Fleury-Mérogis compte aujourd’hui 4.300 prisonniers dont 200 femmes. Selon la direction de la maison d’arrêt, le taux d’occupation se monte à 143% contre 200% à Fresnes ou à Nanterre. Il y a clairement une surpopulation carcérale, mais moins grave que dans d’autres établissements.
A Fleury-Merogis où sont enfermé 4.300 prisonniers, la surpopulation carcérale s'élève à 143%. © Philippe LOPEZ / AFP
© Philippe LOPEZ / AFP A Fleury-Merogis où sont enfermé 4.300 prisonniers, la surpopulation carcérale s'élève à 143%.

Comme dans la plupart des prisons de France, les surveillants se plaignent de la charge de travail. La direction reconnaît qu’ils sont en sous-effectif. Le problème se fait encore plus sentir dans l’encadrement, des officiers et sous-officiers dont la moitié est originaire d’outre-mer.

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A l’issue de sa visite, le député a rencontré les syndicats de l’établissement en présence de la direction mise en cause après le suicide d’Alexandre. Les syndicats critiquent les conditions de travail. Le député a estimé à la sortie de cette réunion qu’il fallait rendre absolument plus attractive la profession de surveillant de prison car il y a réellement un manque de personnel. Il y voit une opportunité pour les jeunes d’Outre-mer qui sont au chômage.

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