Total-Guyane [Réactions]: "Aujourd'hui se tourne à jamais la page de l'exploitation du pétrole en Guyane", François de Rugy

Après la décision de Total de mettre fin aux "opérations de forage" en Guyane, les réactions sont nombreuses. Le ministre de la Transition Écologique et Solidaire affirme sobrement qu'une page se tourne. Les associations de défense de l'environnement exigent d'aller encore plus loin. 
Après l'annonce mercredi 27 février de la fin "des opérations de forage" exploratoires débutées mi-décembre au large de la Guyane, faute de résultat, François de Rugy le ministre de la Transition Ecologique et Solidaire a indiqué sur son compte Twitter qu'"aujourd'hui se tourne à jamais la page de l'exploitation du pétrole en Guyane." Greenpeace a réagi au Tweet du ministre de la transition Ecologique et Solidaire en lui indiquant que désormais, "il ne vous reste plus qu'à mettre un terme au projet de méga-mine de la Montagne d'or".   Dans le prolongement de la réaction de Greenpeace, le Collectif de citoyen "Or de question !" opposé également à la "méga-industrie minière en Guyane",  indique que, "le grand jour pour l'écologie en Guyane aura lieu quand Montagne d'Or et les autres projets miniers industriels prendront la même direction que Total: dehors !"  L'ONG "Les Amis de la Terre", très opposée au forage du groupe Total, a salué une "grande nouvelle pour les populations, la biodiversité et le climat".  Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et présidente de Cap21, s'est aussi félicité de cette décision de Total de stopper les opérations de forages exploratoires, en précisant toutefois que "ce n'est pas grâce au gouvernement qui a donné cette autorisation irresponsable". 


Total affiche sa déception 

 "Nous n'avons pas trouvé d'hydrocarbures en effectuant ce forage et nous avons arrêté les opérations en début de semaine. Nous sommes très déçus par ce résultat", a déclaré ce mercredi 27 février Olivier Wattez, le directeur général de Total Exploration et Production Guyane Française (TEPGF)
    
L'arrêté du préfet de Guyane du 22 octobre dernier autorisant l'ouverture de travaux miniers ne permet pas de procéder à d'autres explorations offshore d'ici juin au sein du permis faute de résultat probant.
   
"Nous avions un arrêté préfectoral pour réaliser cinq forages mais le premier forage devait être concluant pour pouvoir ensuite en réaliser un second, un troisième, un quatrième puis un cinquième afin de confirmer la découverte", a expliqué M. Wattez.
    
Si le premier forage avait été concluant, "on aurait continué d'autres forages de découverte sur le même permis, pour lequel nous aurions déposé une demande de concession. Il aurait alors fallu étendre nos droits miniers et passer d'un permis d'exploration à une concession d'exploitation", a-t-il précisé.
    
Total n'a donc plus la moindre fenêtre de tir en matière de forage offshore au large de la Guyane : "notre permis d'exploration s'éteint le 1er juin. Demander une extension de ce permis ou un autre permis d'exploration, ce n'est plus possible depuis la loi Hulot de décembre 2017. Pour pouvoir prétendre à une concession, il aurait fallu faire une découverte", a répété M. Wattez avant de glisser : "Je pense même qu'il s'agissait du dernier puits d'exploration en France."
 

Prolongement à titre exceptionnel  

Si la loi Hulot du 30 décembre 2017 prévoit un arrêt progressif de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures, Total avait bénéficié, trois mois et demi avant cette loi, d'un arrêté, en date du 14 septembre 2017, par lequel le ministre de la Transition écologique et solidaire (Nicolas Hulot) et le ministre de l'Economie et des finances avaient prolongé à titre exceptionnel jusqu''au 1er juin 2019 son
permis exclusif de recherche de mines hydrocarbures "Guyane maritime" et l'avaient transféré à la société TEPGF.
    
L'arrêté du préfet de Guyane de fin octobre 2018 autorisant les travaux de forage n'aura pas ensuite posé de souci de légalité à la justice.
La juge des référés du tribunal administratif de Cergy Pontoise avait rejeté le 23 janvier puis le 1er février plusieurs demandes de suspension de cette campagne d'exploration, présentées par des associations écologistes mais aussi par la commune guyanaise de Sinnamary.