Traitement des déchets dangereux à La Réunion : le député Jean-Hugues Ratenon tire la sonnette d'alarme

environnement
Batteries et déchets
Des batteries et des déchets spécifiques à exporter (photo d'illustration). ©Mairie du Port
L’île n’a pas les capacités pour gérer sur place ses déchets dangereux. Or le transporteur chargé de les exporter a annulé les derniers transferts : les déchets s’entassent, et les zones de stockage sont presque saturées.

Jean-Hugues Ratenon, député (LFI) de La Réunion, a interpellé la ministre de la Transition écologique sur la gestion des déchets dangereux sur l’île lors des questions au gouvernement. A La Réunion, les déchets dangereux (des batteries ou des produits chimiques par exemple) ne sont pas traités sur place. Ils sont collectés et stockés par Suez, en attendant que l’opérateur MSC ne les transfère dans l’un des pays membres de l’OCDE pour être traités. Actuellement, MSC a suspendu ses liaisons.

"La Réunion est dans une impasse, a martelé Jean-Hugues Ratenon. Les conteneurs ne sont plus embarqués et s’accumulent. C’est la conséquence de la dérégulation du trafic maritime." Le député pointe "un réel danger, en premier lieu pour les travailleurs au contact de ces déchets, pour l’ensemble de la population, mais aussi pour la biodiversité."

Les conditions de stockage n’étant pas optimales, il est à craindre la fuite de matières dangereuses dans l’environnement.

Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion.


Gérer l'urgence et trouver une solution durable

"La Réunion, comme d’autres territoires insulaires, n’est pas équipée pour le traitement des déchets dangereux, et dépend entièrement de l’extérieur, insiste le député. Cette crise sanitaire met une nouvelle fois en évidence des manquements du modèle" Il demande à la fois "une solution d’urgence", mais aussi "une solution pérenne pour notre île, ses habitants, mais aussi pour la préservation de notre planète et de nos océans."

"Vous avez raison. Les déchets dangereux nécessitent une attention particulière, a reconnu Barbara Pompili, qui pointe des risques variés, "départ d’incendie, pollution des sols et des cours d’eau". La ministre craint également que, les zones de stockages arrivant à saturation, les autorités aient à gérer des "dépôts sauvages" de déchets dangereux.

Création d'une zone de stockage dans le port, arrêté préfectoral...

Barbara Pompili a assuré que Suez et MSC étaient en contact pour rechercher des solutions d’acheminement "dans les délais les plus courts possibles""Les services de la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) ont engagé avec Suez des études de terrain pour examiner la prise d’un arrêté préfectoral d’urgence permettant d’augmenter provisoirement la capacité de stockage de la plateforme", a-t-elle ajouté.

Toutes les solutions sont explorées pour augmenter la capacité de stockage.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.


La création d’une zone de stockage sur le grand port maritime de la Réunion est aussi envisagée. "Ce sont des mesures d’urgence", reconnait la ministre de la Transition écologique, assurant qu'il faudra à terme "mettre en place des infrastructures pérennes".

Jean-Hugues Ratenon a co-signé hier un courrier sur la question adressé à Barbara Pompili. Dans cette lettre, écrite à l’initiative de Philippe Naillet (PS), David Lorion (LR), les parlementaires demandent à la rencontrer pour régler la question. La ministre s’est engagée à "donner suite" au courrier.