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Transition énergétique : la Banque mondiale évoque le nickel calédonien

La transition vers les énergies propres fera augmenter la demande de minéraux, indique un nouveau rapport de la Banque mondiale. Publié le 18 juillet, il éclaire les conséquences possibles de l’essor des technologies énergétiques faibles en carbone sur la demande de métaux industriels.

© Alain Jeannin. Acier inoxydable APERAM au nickel SLN 25 Eramet
© Alain Jeannin. Acier inoxydable APERAM au nickel SLN 25 Eramet
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Intitulé The Growing Role of Minerals and Metals for a Low-Carbon Future, ce rapport examine le type de minéraux et de métaux dont la demande est susceptible d’augmenter sous l’effet de la progression de trois technologies de production d’énergie « vertes » — l’éolien, le solaire et le stockage d'énergie par batteries — qui seront au cœur de l’action menée par les pays pour limiter à 2° C ou en deçà l’augmentation moyenne de la température du globe.
 

Des métaux utiles 

Il faut s’attendre à une augmentation de la demande d’acier, d’aluminium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de manganèse, de nickel et de zinc, ainsi que de certaines terres rares, telles que l’indium, le molybdène et le néodyme. Cette hausse pourrait être particulièrement marquée sur le segment des accumulateurs électriques, où l’augmentation de la demande de métaux (aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel) pourrait être multipliée par plus de 1 000 % si les pays prennent les mesures nécessaires pour maintenir les températures à ou en deçà de 2° C.

Des emplois industriels 

Le rapport montre que le passage à un avenir sobre en carbone pourrait offrir des opportunités aux pays riches en minéraux, à condition toutefois que ceux-ci adoptent des stratégies de long terme leur permettant de prendre des décisions d’investissement judicieuses. Afin d’anticiper cette croissance de la demande, ils devront instaurer des mécanismes appropriés pour préserver les populations locales et l’environnement. C’est en résumé toute la problématique du projet industriel minier de Montagne d’or en Guyane française.
 
« Avec une meilleure planification, les pays riches en ressources naturelles peuvent bénéficier de la hausse de la demande pour leur croissance et de leur développement, explique Riccardo Puliti, directeur principal du pôle mondial d’expertise en Énergie et industries extractives à la Banque mondiale. S’ils développent leur secteur minier de façon durable, les pays qui disposent des capacités et des infrastructures pour fournir les minéraux et les métaux nécessaires aux technologies propres auront une occasion unique de dynamiser leur économie ».
 

Des batteries innovantes

La demande future de certains métaux n’est pas uniquement fonction du degré d’engagement des différents pays à l’égard d’un avenir faible en carbone, elle est également motivée par des choix entre diverses technologies. Ce sont surtout les technologies peu émettrices de carbone qui s’avèrent les plus faciles à mettre en œuvre et les plus utiles qui détermineront en grande partie le marché des matières premières sur les 50 prochaines années. Par exemple, les trois principales catégories de véhicules alternatifs (électriques, hybrides et à hydrogène) ont des conséquences différentes sur la demande de métaux : les véhicules électriques ont besoin de lithium, les véhicules hybrides de plomb et les véhicules à hydrogène de platine.
 
La demande pour les différents métaux et minéraux dépendra des composants nécessaires aux technologies à faibles émissions de carbone, à mesure que des changements économiques et des évolutions techniques se produiront. S’ils veulent être bien positionnés sur le marché, les pays devront disposer de données économiques fiables et d’une parfaite connaissance du marché, mais aussi être capables d’utiliser ces informations pour élaborer des plans, définir des investissements et concevoir des activités durables.
 
D’après les tendances actuelles, le Chili, le Pérou et (peut-être) la Bolivie joueront un rôle essentiel dans l’offre de cuivre et de lithium, de même que le Brésil pour la bauxite et le minerai de fer, ainsi que l’Afrique australe et la Guinée pour le platine, le manganèse, la bauxite et le chrome. La Chine restera un acteur de premier plan, tant sur le plan de la production que du niveau des réserves, pour quasiment tous les métaux essentiels dans les différents scénarios de réduction des émissions de carbone. L’Inde occupe une place dominante pour le fer, l’acier et le titane, tandis que l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines et la Nouvelle-Calédonie sont bien placées pour la bauxite et le nickel. Concernant la Nouvelle-Calédonie, le rapport précise : « Les réserves massives de nickel du Territoire, utilisées aujourd'hui dans les batteries de voitures électriques, ne doivent pas être négligées ».
© Banque mondiale USGS
© Banque mondiale USGS

Mines et environnement

Toujours selon le rapport, dans un avenir de technologies vertes, les besoins en matériaux risquent d’être importants. L’intensification des activités d’extraction et de production aura certainement aussi des conséquences locales non négligeables sur les systèmes d'approvisionnement en eau, les écosystèmes et les populations. Dès lors, à mesure que les pays exploitent leurs ressources naturelles, leurs politiques, leurs activités et leurs investissements devront impérativement tenir compte de la durabilité, de la protection de l’environnement et des possibilités de recyclage des matériaux.
© Banque mondiale et USGS (Institut d'études géologiques des Etats-Unis)
© Banque mondiale et USGS (Institut d'études géologiques des Etats-Unis)
Le rapport The Growing Role of Minerals and Metals for a Low-Carbon Future a pour ambition d’enrichir le dialogue sur les opportunités et les défis que présente un avenir à faibles émissions de carbone pour les pays riches en ressources naturelles. L’analyse qu’il expose est conçue pour aider les décideurs et autres acteurs du secteur extractif, des énergies propres et de la lutte contre le changement climatique à mieux comprendre les enjeux et à repérer les aspects qui présentent un intérêt commun.

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