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Université de La Réunion: le Défenseur des Droits dénonce une possible discrimination liée à une nomination

Le Défenseur des Droits Jacques Toubon a alerté la justice à La Réunion sur de possibles faits de discriminations, liés à des propos tenus après la nomination très contestée d'une historienne de métropole à l'Université de La Réunion.

Université de La Réunion: le Défenseur des Droits dénonce une possible discrimination liée à une nomination © Réunion 1ère
© Réunion 1ère Université de La Réunion: le Défenseur des Droits dénonce une possible discrimination liée à une nomination
  • La1ère.fr avec AFP
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L'affaire remonte à la nomination, en juin 2016, d'une universitaire de Nantes, Virginie Chaillou-Atrous, au poste de maître de conférence en "Histoire de l'esclavage" à l'Université de La Réunion. Ce choix, face à un candidat réunionnais, a été contesté par certaines associations et certains universitaires réunionnais, réclamant à "compétence équivalente", la nomination d'une personnalité locale.

Saisi par le candidat qui s'estimait lésé, le tribunal administratif de Saint-Denis a suspendu la nomination, par une ordonnance de référé de juillet 2016, au motif d'irrégularités dans la procédure de recrutement. Mais certains propos haineux tenus dans la presse locale et sur les réseaux sociaux contre l'universitaire métropolitaine ont poussé cette dernière à saisir le Défenseur des Droits. Dans une interview récente au Figaro, elle dénonçait du "racisme à l'envers".
 

Provocations à la discrimination raciale 

Le Défenseur des Droits a porté à la connaissance du parquet du tribunal de grande instance de La Réunion que certains propos tenus par différentes personnes sur les réseaux sociaux et dans certaines publications pouvaient être considérés comme des provocations à la discrimination raciale, a-t-on appris mercredi auprès de l'institution, confirmant une information parue dans le JIR (Journal de La Réunion).

"La nature des propos tenus permet d'identifier le reproche à l'encontre de la candidature de la réclamante, à savoir le fait qu'elle n'est pas d'origine réunionnaise et qu'elle n'y vit pas. Or l'origine et le lieu de résidence sont des critères de discrimination", a indiqué le Défenseurs des droits au parquet.

Il "constate avec satisfaction qu'en dépit des pressions des associations et des réseaux sociaux qui appelaient à un recrutement local, l'université a respecté le principe de non-discrimination. Un refus de recrutement qui serait fondé sur l'origine et/ou le lieu de résidence serait illégal", a-t-il insisté.

Pour le Conseil représentatif des français d'Outre-mer (Crefom), qui s'est prononcé à plusieurs reprises pour la nomination d'une personnalité réunionnaise et qui est accusé par Virginie Chaillou-Atrous d'avoir mené campagne contre elle, ce qu'il réfute, "cette prise de position est bien de nature à semer le trouble, dans la mesure où le tribunal administratif doit se prononcer sur le fond de l'affaire", a-t-il dit dans un communiqué, réclamant à être entendu par le Défenseur des Droits.

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