Vacances en Outre-mer : une alternative aux voyages à l’étranger ? 

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Trois Rivières en Guadeloupe avec vue sur Les Saintes ©Alain Jeannin
En raison de la crise sanitaire de nombreux Français ont dû faire une croix sur leurs projets de vacances à l’étranger. Les territoires d’Outre-mer apparaissent alors comme une des meilleures alternatives. Témoignages.
Cette année, l’été sera “bleu, blanc, rouge”, affirmait fin mai le secrétaire d’Etat chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, dans un entretien au JDD.

De fait, à l’annonce du déconfinement et de la réouverture des frontières, les Français se sont tournés vers les sites de réservation pour organiser leurs vacances. Parmi les destinations favorites : les territoires d’Outre-mer.
 

“J’y vais plus rassurée”

C’est ce qui s’est passé pour Naomi. Tous les ans, la jeune femme part à la découverte des pays européens. Cette année, elle hésitait entre l’Espagne et la Croatie. Mais l’arrivée du coronavirus et l’annulation des vols a chamboulé ses plans. Son choix s’est donc finalement porté sur La Réunion, où habite une partie de sa famille.

Je trouve ça beaucoup plus sécurisant de me rendre à La Réunion plutôt que d’aller dans un pays que je ne connais pas au risque d’attraper le virus et d’être malade là-bas. Ou alors qu’il y ait un nouveau confinement et que les vols soient annulés”, explique-t-elle.

Loin de la rebuter, les protocoles sanitaires mis en place - tests et quatorzaines - la tranquillise.
 

Je trouve ça très bien de faire les tests avant. On n’a pas envie de ramener le virus là-bas. J’y vais plus rassurée.
- Naomi


Top 10 des destinations les plus recherchées

La jeune femme n’est pas la seule à avoir pensé aux Outre-mer pour les vacances. La Guadeloupe par exemple est “très recherchée par les Français”, confirme dans un communiqué le comparateur en ligne de billets d’avion, Liligo.

Nous avions déjà noté, depuis les annonces du plan de soutien au tourisme avec la possibilité d'aller dans les DOM-TOM, que les Français étaient nombreux à reprendre les recherches de vols avec une hausse de 118% des recherches en seulement deux jours pour ces destinations, Martinique en tête avec +163% de recherches”, développe Guillaume Rostand, porte-parole de Liligo.

Dans le top 10 des destinations les plus recherchées au départ de Paris début juin, Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Saint-Denis à La Réunion et Fort-de-France en Martinique, sont en tête du classement.

C’est une année exceptionnelle mais cela va permettre aux Français de l'Hexagone de découvrir les autres territoires français”, se réjouit Léa, parisienne. Durant ses vacances en septembre, elle s’envolera elle aussi pour La Réunion. 
 

Relancer le tourisme local

Pour Dragan, l’option internationale n’est pas non plus envisageable. “Je n’ai même pas cherché en fait. Les conditions sanitaires ne sont pas optimales partout, donc je n’ai pas creusé sur cette option-là”, témoigne ce parisien. C’est donc en Guadeloupe qu’il passera ses trois semaines de vacances en août. 

Les économies ont soufferts donc pourquoi pas redémarrer notre propre économie en restant en France, développe le directeur financier. Les territoires d’Outre-mer sont ceux qui ont le plus soufferts du manque de touristes. Donc pourquoi pas maintenir ces options possibles.” 

Il y a une volonté d’aller à La Réunion et en Outre-mer en général, confirme Patrick Serveaux, président de la Commission Tourisme du Medef Réunion. On va aller sur nos sites internet. Mais maintenant pour réserver, il faudrait qu’il y ait des sièges d’avion. Actuellement il y a encore trop peu de sièges disponibles à la réservation. D’où notre combat pour faire en sorte qu’il y en ait davantage dans les jours, pour ne pas dire dans les heures, qui viennent.

Actuellement, selon l’observatoire du tourisme à La Réunion, les réservations sont en baisse de 65% en juillet et 55% en août, par rapport à l’été 2019.

Outre l’augmentation des places disponibles dans les avions, la fin de l'état d’urgence sanitaire le 10 juillet pourrait décider les touristes.
Les quatorzaines ne seront plus obligatoires à partir de cette date, abonde Patrick Serveaux. Il faudra toutefois faire un test PCR dans les 72h avant le départ. Mais une fois sur place ils pourront tout à fait se déplacer normalement en respectant les gestes barrières.