VIDEO. Henri Hazael-Massieux, l'humaniste guadeloupéen meurtri

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Henri Hazael-Massieux a mal à sa Guadeloupe qu'il a quitté depuis les années 80. Âgé de 82 ans, il a passé toute sa vie à condamner la corruption qui y règne, selon lui. Il fustige également la politique de la France aux Antilles. Au fil des ans il est devenu un homme blessé et sans espoir.

"Je suis simplement un humaniste, quelqu'un qui souhaite tout naturellement que tous les hommes de quelques couleurs qu'ils soient, de quelques origines qu'ils soient, soient considérés de la même manière. Comme des hommes, c'est tout", cela revêt toute son importance pour "l'être composite" qu'il est avec ses ancêtres venus de Bretagne et de Normandie, d'Afrique et des Amériques.

Henri grandit en Guadeloupe avec ses six frères et soeurs, "Mes parents étaient des gens absolument extraordinaires. On a tous bénéficié d'une extraordinaire aide intellectuelle et morale. Avec peu de moyens la pulsion intellectuelle qui nous a été donnée par nos parents nous a permis à tous de réussir nos carrières malgré de nombreuses difficultés".

Après ses études supérieures dans l'Hexagone, Henri rentre au pays. "Quand je suis arrivé au département, je me suis très rapidement rendu compte que la Guadeloupe était la proie de la corruption la plus totale. Je me suis battu contre ça, ça a duré deux ans, deux ans et demi. Je suis revenu en France hexagonale et je n'ai jamais cessé de réfléchir à cette question qui est incroyable quand on la regarde avec attention". Car d'un autre côté Hazael-Massieux fustige également la politique de la France aux Antilles, "Nous ne sommes pas des départements, nous sommes restés des colonies".

Pour lui les Outre-mer ont produit "des gens de grande qualité qui ont fait la France mais qu' on ne voit nulle part", aussi il décide de leur consacrer un dictionnaire en plusieurs tomes comme Auguste Bebian ce Guadeloupéen inventeur de la langue des signes.

Aujourd'hui Henri a tellement mal à sa Guadeloupe qu'il n'envisage aucun retour sur son île.