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Trois questions à Camille Galap, recteur de l’académie de Guadeloupe

De passage à Paris pour la réunion mensuelle des recteurs avec le ministre de l’Education, le recteur de l’académie de Guadeloupe Camille Galap fait le point sur la situation scolaire à Saint-Martin et en Guadeloupe, et évoque sa relation avec le Premier ministre, qu’il a bien connu au Havre.

Camille Galap est recteur de l’académie de Guadeloupe depuis janvier 2015. © DR
© DR Camille Galap est recteur de l’académie de Guadeloupe depuis janvier 2015.
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Né dans la ville du Havre et d’origine martiniquaise, Camille Galap est recteur de l’académie de Guadeloupe depuis janvier 2015. Cet ancien professeur d’université, docteur en biologie, fut également président de l’université de sa ville natale entre 2005 et 2012. En 2014, il fut le candidat du Parti socialiste aux municipales du Havre après avoir remporté les primaires. Il obtint 16% des voix contre le maire UMP sortant, un certain Edouard Philippe, réélu dès le premier tour et dorénavant Premier ministre. De passage à Paris pour la réunion mensuelle des recteurs d’université avec leur ministère de tutelle, Camille Galap a bien voulu répondre aux questions de La1ere.fr.

Les dossiers importants que vous avez eu à gérer dernièrement sont relatifs aux cyclones Irma et Maria, qui ont particulièrement affecté les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Pouvez-vous faire un point sur la situation ?
Camille Galap :
Je voudrais souligner tout d’abord que l’académie de Guadeloupe est une académie pleine d’atouts. Effectivement nous avons eu à gérer les ouragans Irma et Maria, avec satisfaction puisque nous sommes parvenus à atteindre nos objectifs d’une rentrée dite normale le 6 novembre à Saint-Martin. Nous avons toute une organisation qui a été pensée, avec un plan de fonctionnement pour différentes situations, puisqu’un certain nombre d’écoles n’ont pas pu être réparées dans de courts délais. Cela a nécessité un plan de relocalisation de certaines écoles dans d’autres, avec des rotations. Nous vivons avec ces phénomènes naturels aux Antilles, et nous avons une capacité de résilience qui est quand même très importante. Nos enfants s’adaptent très vite et nos collègues aussi.
Parmi les grandes orientations de la rentrée, dans le cadre de la reconstruction, nous aurons l’occasion de réparer certaines écoles pour qu’elles soient construites à la fois dans les normes parasismiques et para-cycloniques. Nous attendons d’ailleurs très prochainement le rapport qui a été réalisé par les services de l’Etat, et nous travaillerons avec les collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy pour pouvoir faire redémarrer l’école dans de meilleures conditions l’année prochaine.

Vous connaissez bien le Premier ministre Edouard Philippe que vous avez revu en Guadeloupe et à Saint-Martin lors de sa visite, vous êtes du Havre tous les deux et vous l’avez affronté aux élections municipales de 2014. Que pensez-vous de ses premiers pas comme chef du gouvernement ?
Edouard Philippe est quelqu’un que j’ai côtoyé lorsqu’il était maire, président de la communauté d’agglomération du Havre, alors que j’étais président de l’université de cette ville, et nous avons fait de beaux projets ensemble. Je trouve que c’est un Premier ministre qui est très présent sur le terrain, très clairvoyant et qui sait où il doit aller concernant sa feuille de route. Pour nous, comme représentants du ministre de l’Education nationale, les choses sont très claires avec lui. Notre attente est très forte sur le volet éducatif. Le président de la République a placé l’éducation au cœur de son projet présidentiel, et nous mettons tout en œuvre pour que ça se passe le mieux possible.

La population en Guadeloupe est très attentive à ce que lui offre l’éducation nationale. Nous mettons tout en œuvre pour répondre certaines situations. Par exemple pour les "décrocheurs" du système scolaire, nous avons mis en place un dispositif pour compléter ce qui existe déjà. Ainsi nous avons créé un micro-lycée en septembre 2015. C’est le premier micro-lycée d’Outre-mer.



La Guadeloupe est en proie à d’importantes difficultés économiques et sociales. Comment d’après vous sortir de l’impasse, notamment grâce à l’éducation ?
Sur le plan socio-économique c’est vrai que la situation est grave. C’est pour cela que la population en Guadeloupe est très attentive à ce que lui offre l’éducation nationale. Nous mettons tout en œuvre pour répondre à certaines situations. Par exemple pour les "décrocheurs" du système scolaire, nous avons mis en place un dispositif pour compléter ce qui existe déjà. Ainsi nous avons créé un micro-lycée en septembre 2015. C’est le premier micro-lycée d’Outre-mer. C’est sur la base du volontariat et les jeunes sont sélectionnés, notamment en fonction de leur motivation. Le micro-lycée offre une pédagogie adaptée aux jeunes qui ont décroché et interrompu leurs études pendant un ou deux ans, pour les préparer au baccalauréat. Evidemment on ne peut pas accueillir tous les décrocheurs mais le micro-lycée est une structure complémentaire qui vient s’ajouter aux dispositifs qui existent déjà pour accompagner les jeunes le mieux possible. L’an dernier pour notre première session ils étaient treize à se présenter au baccalauréat et ils l’ont tous eu. Ces jeunes vont donc pouvoir continuer dans l’enseignement supérieur.
Les enseignants qui travaillent dans ces micro-lycées ont une pédagogie très particulière. Par exemple les professeurs comptent beaucoup sur l’autonomie des élèves et font également du coaching individualisé ou en ateliers. Ils font aussi beaucoup de psychologie pour remettre les jeunes dans une dynamique positive. Tout cela nous sert en quelque sorte de centre expérimental pour pouvoir déployer des stratégies visant à remobiliser les jeunes. Et cela pourra nous servir ailleurs que dans les micro-lycées.

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