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Décolonisation de la Polynésie: Temaru accuse la France d'obstruction

Le président de la Polynésie accuse la France d'obstruction à l'ONU afin d'empêcher l'examen de la résolution visant à inscrire la Polynésie sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser. Il s'en est ouvert dans une lettre adressée à François Hollande.

Oscar Temaru © GREGORY BOISSY / AFP
© GREGORY BOISSY / AFP Oscar Temaru
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Oscar Temaru l'avait annoncé fin mars:  l'Onu devait examiner sous quelques jours la demande du président de la Polynésie, qui souhaite réinscrire le Fenua sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser.
Las, au 4 avril, et malgré les nombreux déplacements de la délégation polynésienne à New-York, la démarche n'est toujours pas effectuée. La faute selon Oscar Temaru, aux pressions exercées par Gérard Araud, l'ambassadeur permanent de la France aux Nations unies.
Le président de la Polynésie s'en est irrité dans une lettre adressée le 27 mars à François Hollande, affirmant "s'interroger" sur l'objectif de la France.
 
"Contrairement à ce que véhicule l'opposition locale, je n'ai aucun doute sur votre parfaite connaissance de la progression de notre démarche auprès des Nations Unies", écrit Oscar Temaru qui parle d'une démarche "au cœur de [son] action politique". Le président polynésien tient également à justifier sa démarche qu'il refuse d'associer à une "obsession personnelle".

 
Une démarche différée pour cause de la campagne présidentielle

" Bien au contraire il s'agit là d'une opportunité unique, pour la France, de réussir enfin sans violence, une transition transparente, vers l'auto-détermination", affirme Temaru.  Le président polynésien, qui avait soutenu François Hollande lors de la campagne présidentielle précise également ne pas avoir voulu déposer son recours dès 2012 comme prévu initialement "pour ne pas interférer dans [la] campagne présidentielle".   
 
Dénonçant la "violence et la condescendance des interventions de  M Gérard Araud", Temaru accuse ce dernier de mettre en place une "stratégie de renvoi aux calendes grecques". Cette dernière expliquerait donc que l'ONU n'ait toujours pas fixé de date pour examiner la résolution, alors que l'institution  leur avait proposé "plusieurs dates entre le 21 et le 28 mars".
 
Se disant persuadé d'obtenir une majorité de suffrages en faveur de sa résolution, Temaru en appelle en fin de missive à la "sagesse" de François Hollande pour que "cesse l'obstruction sur le dossier et qu'ensemble, nous puissions faire de la résolution A.67.L56 rev1 une réussite commune plutôt qu'un sujet de discorde."
 

 

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