François Hollande célèbre sa première année à l'Elysée: premier bilan pour les Outre-mer

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François Hollande à Mayotte mars 2012
Le candidat François Hollande en campagne à Mayotte le 31 mars 2012 ©FRED DUFOUR / AFP
Le 6 mai 2012, François Hollande était élu  président de la République. Les Outre-mer avaient massivement voté pour lui (64%). Quel bilan en un an? Lutte contre la vie chère, défiscalisation épargnée: les Outre-mer ont bénéficié d'une attention toute particulière au cours de l'année écoulée.
"Bilan globalement positif", "des outre -mer  qui ont retrouvé leur place dans la République", "une action plus tranchée qu'au niveau national": les appréciations d'élus et de socio-professionnels des outre -mer  ont de quoi mettre du baume au coeur d'un président, dont la cote est au plus bas en métropole.
 

Signes de reconnaissance

Pro-Hollande à près de 64%, les outre -mer  ont vite obtenu des signes de reconnaissance, ou considéré comme tels par ces populations attachées aux symboles: trois ministres avec Christiane Taubira (Justice), George Pau-Langevin (Réussite éducative) et surtout Victorin Lurel rue Oudinot, à la tête d'un ministère de plein exercice.
Mais ce qui a le plus marqué, c'est la production législative: "C'est la première fois qu'une loi spécifique sur l'outre-mer est votée dans les 6 premiers mois d'une mandature", s'est enthousiasmé le député Jean-Claude Fruteau (PS, La  Réunion ), président de la délégation aux outre -mer  de l'Assemblée nationale.  La loi "contre la vie chère" a été présentée en septembre, votée en octobre et promulguée en novembre. Ce problème chronique avait été le moteur de la grave crise sociale aux Antilles-Guyane  et à La  Réunion  début 2009 et de Mayotte  à l'automne 2011.
"C'était le plus important parce que s'attaquer aux racines du mal, ça prend du temps", a souligné M. Fruteau. A l'Assemblée fin avril, Victorin Lurel a assuré que les négociations sur son "bouclier qualité-prix" portant sur des paniers de produits de grande consommation avaient permis "entre 10 et 15% de baisse de prix, sans un centime de subvention".
 

Pas de mise à la diète budgétaire

Autre attention à l'égard de ces territoires où le chômage oscille entre 20 et 30%, atteignant 60% chez les moins de 25 ans, les crédits de la mission outre -mer  ont été augmenté de 5% pour 2013, alors que la plupart des autres ministères étaient mis à la diète. Et dans des territoires fortement touchés par les questions d'obésité, un projet de loi visant à ramener le taux de sucre des produits vendus outre -mer au même taux que ceux vendus en métropole est en cours d'examen.
 

La défisc sauvée

 Mais le plus gros dossier, crucial pour les économies ultramarines, est celui des niches fiscales. La défiscalisation a été sauvée pour 2013, de haute lutte: "Face à Bercy, Lurel avait mis son poste dans la balance", a raconté à l'AFP Georges Patient, sénateur (app. PS) de la Guyane . "Les vrais abus datent d'il y a 20 ans et on reste malheureusement sur cette image", a déploré Jean-Claude Fruteau (PS, La  Réunion ). Elle sert désormais aux investissements productifs dans ces économies insulaires au tissu essentiellement de petites entreprises et de levier pour la construction de logement sociaux, "donc au BTP, donc à l'emploi local", soulignent les élus.
 
 

"Le gouvernement aupied du mur" pour la Fedom

A l'Elysée , on assure à l'AFP que l'"on va sauver un instrument de soutien aux investissements" mais "probablement pas la défiscalisation telle qu'elle existe". Plusieurs groupes de travail sont à l'oeuvre pour trouver la formule politiquement acceptable en métropole et économiquement efficace en outre -mer .  "Le gouvernement est au pied du mur et c'est maintenant, en 2013, que l'on mesurera la capacité de François Hollande à trancher", a estimé auprès de l'AFP Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d'outre-mer (Fedom), qui, avec cette réserve, qualifie l'action menée d'"honorable".
 

"Quelques pansements et des discours langoureux" selon Jégo

Mais pour Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer sous Nicolas Sarkozy, "on met quelques pansements, on fait des discours langoureux et on ne change rien, même s'il avoue les difficultés liées aux "corporatismes, lobbies, pouvoirs en place" auxquels il s'est heurté et qui lui ont valu son poste en 2009. "Lurel a une admiration folle pour Hugo Chavez qu'il a fait partager à tout le pays, et bien je souhaiterais qu'il s'inspire au minimum de l'audace de son modèle!", a lancé M. Jégo (UDI), en référence à des propos de M. Lurel lors des obsèques du défunt président du Venezuela qui avaient occasionné une brève polémique en métropole.