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Esclavage: Le Cran va assigner en justice la Caisse des dépôts et consignations

Le Cran va célébrer à sa manière la Journée nationale des mémoires de la traite négrière et de l’esclavage le 10 mai en assignant en justice la Caisse des dépôts et consignations, qui a tiré selon lui profit de l’esclavage, donc d’un crime contre l’humanité.

Louis-Georges Tin, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), en 2012 © Stéphane Weber
© Stéphane Weber Louis-Georges Tin, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), en 2012
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
C'est une information La1ere.fr. Le 10 mai, le Cran va assigner en justice la Caisse des dépôts et consignations pour avoir bénéficié, selon l'organisation, de l'esclavage, et donc d'un crime contre l'humanité. Pourquoi assigner en justice plus particulièrement cette institution financière publique ? Parce que c’est la banque d'Etat française qui a recueilli notamment la rançon imposée à Haïti pour son indépendance, précise Louis-Georges Tin, le président (d’origine martiniquaise) du Conseil représentatif des associations noires (Cran).
 
Louis-Georges Tin se rendra donc vendredi au Palais de justice de Paris pour assigner la Caisse des dépôts au tribunal, juste après le discours du président François Hollande au Palais du Luxembourg, à l’occasion de la cérémonie  marquant la Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

« Les réparations sont le véritable enjeu de ce 10 mai 2013 » souligne un communiqué du Cran. « Sollicité par le Cran et par une délégation associative le 8 octobre 2012, Jean-Marc Ayrault s'était engagé à mettre en place une politique de réparation, dont le contenu devait être précisé à l'occasion d'une réunion interministérielle, qui devait se tenir avant le 8 novembre 2012. »


Pendant que M. Hollande et M. Lurel tenteront de faire diversion pendant la cérémonie, en esquivant soigneusement la question des réparations, le CRAN remettra le sujet en pleine lumière, en rappelant que Mme Taubira elle-même avait soutenu le principe des réparations en 2001 » (Louis-Georges Tin)















« Malheureusement, depuis lors, Matignon a refusé tout dialogue sur ce sujet. En outre, le premier ministre a refusé de soutenir une enquête qui aurait permis de retracer les flux financiers issus de la traite négrière » déplore l’organisation.

« Cette assignation a évidemment pour but de faire la lumière sur un aspect très particulier de la traite négrière », explique Louis-Georges Tin. « Par ailleurs, nous tenons à rappeler les résultats du sondage inédit Ifop-le CRAN avec le soutien du Xen Fund qui montre que 63 % des Français d'Outre-mer trouvent justifiée cette démarche de réparation, notamment parmi les plus jeunes et les plus modestes ».

« Pendant que M. Hollande et M. Lurel (ministre des Outre-mer, ndlr) tenteront de faire diversion pendant la cérémonie, en esquivant soigneusement la question des réparations, le CRAN remettra le sujet en pleine lumière, en rappelant que Mme Taubira elle-même avait soutenu le principe des réparations en 2001 », conclut-il. 
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