Le procès de Loic Korval reporté au 21 octobre

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Loic Korval à son procès
Loic Korval entouré de ses deux avocats Me Sabrina Da COsta et Me Jérôme Crepin à tribunal de Créteil le 18 juin ©Maïté Koda / Outremer 1ere
Le procès de Loic Korval, accusé  d'avoir renversé un motard de la police après une course-poursuite, a été reporté au 21 octobre. Le judoka a de son coté porté plainte contre les forces de l’ordre, qu’il accuse de tentative de meurtre.
"Je n'ai pas percuté la moto. Je sais que je dis la vérité".  Ces mots, Loïc Korval ne les a pas prononcés dans l'enceinte du tribunal.   C'est en attendant la décision du tribunal sur le report du procès,  que le judoka guadeloupéen , chemise bleue et souliers blancs vernis, s'est brièvement exprimé.

Quelques temps plus tôt ses avocats, Me Crepin et Me Da Costa, avaient donc demandé un report d’audience. Une requête conforme aux souhaits de la partie civile et appuyée également par le procureur. Car l'affaire pour laquelle comparait le médaillé de bronze aux mondiaux 2010 est plus complexe qu'il n'y paraît.

Loic Korval



Deux versions de l'accident

Les faits remontent au 17 mai. Loïc Korval croise des policiers à moto alors qu’il se trouve au volant de sa voiture. Ces derniers lui font signe de se garer. Dans un premier temps, il obtempère et  se rabat sur le bas coté, Avant finalement de redémarrer. Loïc Korval, qui conduit malgré une suspension de son permis probatoire, est pris en chasse par les deux motards jusqu'à un rond-point de Nogent sur Marne (94).
C'est là que les versions divergent. Les policiers prennent le rond-point  à contresens dans l'espoir d'intercepter le judoka. Les motos et la BMW se retrouvent alors face à face. Korval assure avoir évité le policier qui finit pourtant par chuter de sa moto. De son coté, le policier, blessé, affirme avoir été percuté par la voiture du judoka avant de tomber.

 
Le policier accusé de tentative de meurtre

L’histoire aurait pu prendre une tournure autrement plus dramatique. Le motard toujours en selle tire en effet  à deux reprises sur la voiture du judoka. Un seul impact de balle sera retrouvé. Le projectile a brisé le hayon de la voiture, où se trouvaient deux passagers, assis à l’arrière, heureusement sans faire de blessés. "Un miracle, assurent les avocats du judoka. La balle a frôlé sa tête". Ces tirs étaient-ils justifiés ? L’IGS, l'Inspection Générale des Services, a été saisie d’une enquête. De son coté, le judoka a,  à son tour, porté plainte contre les forces de l’ordre,  pour tentative de meurtre.
 
Les avocats de Loic Kerval tiennent avant tout à faire entendre leur version de l’histoire, estimant que leur client a été sali dans les médias, présenté à tort comme un homme violent et alcoolique. " Il n’avait pas bu au moment des faits !" s’exclame Me Crepin qui assure que l’interpellation qui a suivi les tirs- Loic Korval s’étant enfui à pied de la voiture- s’est déroulée "dans le calme ".
 

Pas d'expertise possible sur les motos

Autre motif de mécontentement des avocats du judoka, la non mise sous scellés des motos des policiers. Alors qu’ils avaient demandé à plusieurs reprises une expertise des véhicules accidentés afin de faire venir un expert et d’établir les causes de l’accident, ceux-ci ont été laissés entre les mains des policiers, qui les ont remises en état.
 
Le report d’audience avait également été demandé par l’avocate des policiers qui souhaite attendre les conclusions de l’enquête de l’IGS. Le juge a tranché et satisfait les deux parties. Les protagonistes de l'affaire ont de nouveau rendez-vous au tribunal de Créteil le 21 octobre prochain.