Le grand plongeon d'Enzo Vial Collet

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Enzo Vial Collet
Enzo Vial Collet sur le podium des championnats de France le 10 avril 2013, après son titre sur 1 500 m. ©ALAIN JOCARD / AFP
Le nageur guadeloupéen, natif de Baie-Mahaut, a participé aux championnats du monde de Barcelone la semaine dernière. Sa qualification surprise a lancé la carrière d'un jeune homme qualifié parfois de "passif" par ses entraîneurs. Portrait. 
Enzo Vial Collet, 20 ans, est presque arrivé par effraction aux championnats du monde de Barcelone. Comme il est devenu nageur de haut niveau "presque par hasard", selon ses mots. "J'ai commencé dans un club en Guadeloupe très tôt. Je n'étais pas meilleur que les autres mais j'ai travaillé et encore travaillé et voilà." 

Ce natif de Cayenne qui a grandi à Baie-Mahaut en Guadeloupe jusqu'en 2009, a remporté à la surprise générale l'épreuve du 1.500 m aux championnats de France en avril dernier en profitant de la déroute des favoris, Anthony Pannier et Damien Joly. Son chrono de 15'19" (record personnel) lui assure alors une qualification pour les championnats du monde mais sur le moment, le garçon, surpris, n'est même pas au courant. Ce sont les journalistes qui lui apprennent sur les bords du bassin. "Je n'ai pas regardé les temps des minima, j'ai juste essayé d'arriver à la cheville des autres", admet-il alors. 

Quelques mois plus tard, Enzo Vial Collet est dans le grand bain de Barcelone. Celui des mondiaux. "Tu es avec tous les meilleurs. C'est impressionnant. Quand j'étais petit je les voyais à la télé, là j'y suis", nous confie t-il. 

Le nageur du Mulhouse Olympic Natation (MON), un club qu'il a rejoint en 2009, n'a pas passé le stade des séries dans les bassins catalans. Il n'a d'ailleurs pas même battu son record personnel en signant seulement le 23e temps de la compétition, loin du vainqueur, le Chinois Sun Yeng. Mais pour Enzo Vial Collet, c'était simplement la cerise sur le gâteau après une saison éprouvante.

"J'ai été un peu déstabilisé par l'événement. Mais c'était une compétition à laquelle j'avais toujours rêvé de participer donc c'est magnifique", explique t-il. "C'était aussi la fin d'une longue saison où j'ai également nagé sur 5 km en eaux libres. Mais mon coach [Stéphane Gallo] était satisfait de mes performances". 

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Enzo Vial Collet lors d'un meeting à Rome le 13 juin 2013. ©ANDREAS SOLARO / AFP


Onze entraînements par semaine

En se qualifiant pour les mondiaux, Enzo Vial Collet a en effet effacé cette image de garçon somnolent qui lui collait à la peau à Mulhouse. "Je suis plutôt passif que nerveux!", déclarait-il aux Nouvelles d'Alsace après les championnats de France. Un trait de caractère qui lui a permis de supporter les moments de galères lors des premiers meetings de la saison alors qu'il était à la peine. 

Étudiant en kinésithérapie, ce jeune Guadeloupéen va maintenant devoir continuer à progresser pour rejoindre le gratin mondial qu'il regarde encore de loin. "J'étais dans le clan français donc j'ai vécu de près les victoire de l'équipe de France pendant ces mondiaux, mais c'est d'abord leurs victoires à eux."

Après quelques semaines en Guadeloupe, où il passe quelques semaines chaque été depuis son départ pour la métropole, Enzo Vial Collet reprendra le difficile chemin de l'entraînement. Surtout sur une discipline comme le 1.500 m qui nécessite de nager plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour. "Je m'entraîne déjà 11 fois par semaine avec une moyenne de 2 ou 3 heures par séance", note-t-il.

D'ailleurs le 1.500 m n'est pas forcément une passion chez lui. "Au début on ne veut pas le faire. Mais après, c'est comme les légumes... on apprend à aimer petit à petit", aime t-il dire. Le jeu en vaut la chandelle.