Drogues et addictions : le plan gouvernemental pour les Outre-mer

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Le comité interministériel de lutte contre la drogue et la toxicomanie et de la prévention des dépendances a validé, le 19 septembre, un plan de lutte de quatre ans pour combattre la drogue et les conduites addictives. Le texte comporte un volet Outre-mer. Résumé. 
Le plan a pour ambition de définir les priorités stratégiques de la France pour les quatre prochaines années (2013 – 2017), et s’inscrit  pour la première fois, annonce le comité interministériel, « dans le cadre d’une approche intégrée permettant de dépasser les clivages habituels entre tenants de la réponse sanitaire et tenants de la réponse pénale ».
 
On le sait, les Outre-mer sont largement concernés par la question des drogues et de la toxicomanie, en terme de consommation, de production et de trafic. Et le comité interministériel a décidé de s'attaquer aussi spécifiquement à ce problème. 
 

Prévention

Dans le domaine de la prévention, le rapport du gouvernement note que « les départements et collectivités d’Outre-mer doivent faire face à certaines problématiques particulières en matière de lutte contre les addictions, qu’il convient de traiter spécifiquement ».
 
Comment ? En améliorant d’abord la connaissance des consommations dans les Outre-mer. « Bien que les données sur les Outre-mer soient peu nombreuses, on note en particulier la précocité des consommations (notamment d’alcool) chez les jeunes, facteur de basculement dans des usages problématiques, et des poly-consommations. Ces poly-consommations incluent le cannabis à la Réunion et le crack aux Antilles. Pour leur part, les adultes présentent une forte consommation d’alcool (avec notamment un syndrome d’alcoolisation fœtale, particulièrement important à la Réunion) et un niveau élevé de dépendance aux jeux de hasard et d’argent. A contrario, la consommation d’opiacés est plus faible qu’en hexagone », souligne le texte.
 
Le plan prévoit ensuite d’adapter le dispositif de prise en charge aux besoins identifiés, en fonction des données fournies notamment par le baromètre santé spécifique des Outre-mer (prévu fin 2014). Et il précise qu’il faudra valoriser et renforcer les consultations des jeunes consommateurs (CJC), par « la diffusion et l’appropriation des bonnes pratiques professionnelles, en améliorant la visibilité des CJC pour les professionnels de première ligne et les familles afin de favoriser une intervention la plus précoce possible, et en organisant la formation des professionnels à l’intervention précoce. »
 

Lutte contre les trafics

L’autre volet important du plan concerne la lutte contre les trafics. Dans ce cadre, il prévoit « une action ciblée de lutte contre le trafic de stupéfiants dans les Outre-mer », ces derniers constituant « un enjeu majeur en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, au niveau international, comme dans l’axe caribéen, mais aussi au niveau local. »
 
Le texte vise en particulier « le trafic relatif à la cocaïne, qui est acheminée vers les Antilles à partir des îles avoisinantes afin d’être consommée localement ou réacheminée vers l’hexagone ». Le gouvernement entend ainsi mobiliser « des moyens de détection et d’interception des vecteurs employés par les trafiquants adaptés aux spécificités de la zone géographique (radars, moyens aériens, maritimes et terrestres) et une recherche accrue du renseignement ».
 
L’intensification de la lutte contre les trafics locaux dans l’ensemble des territoires Outre-mer fait également partie du dispositif, afin de « protéger les habitants des territoires ultramarins de la criminalité liée à l’offre de produits stupéfiants ». Pour atteindre cet objectif le plan veut lutter plus efficacement « contre la production locale de cannabis ou le trafic de médicaments ».
 
Plus spécifiquement, le rapport insiste sur la nécessité de « renforcer l’action du Centre Interministériel De Formation Anti-Drogue de Fort-de-France (CIFAD) à destination des États voisins des Départements français d’Amérique ». Dans cette optique, il est prévu de développer les formations professionnelles proposées par le CIFAD, « qui contribue à la diffusion du savoir-faire des administrations françaises auprès des États de l’arc caribéen et d’Amérique latine en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants », relève le texte.
 

Les consommations de substances psychoactives en population générale en France

 
Cannabis
◗ 13,8 millions d’expérimentateurs
◗ 1,2 million consomment du cannabis au moins 10 fois par mois
◗ 550 000 en consomment tous les jours
 
Autres drogues
◗ Un nombre important d’expérimentateurs d’héroïne (500.000)
◗ 400.000 personnes consomment de la cocaïne au moins une fois dans l’année
◗ 3,8 % des personnes âgées de 18 à 64 ans ont expérimenté la cocaïne
◗ 130.000 personnes ont consommé de l’ecstasy au moins une fois dans l’année
◗ 2,7% des personnes âgées de 18 à 64 ans ont expérimenté l’ecstasy
◗ La consommation problématique de drogues autres que le cannabis concernerait 281.000 usagers
 
Alcool
◗ 3,8 millions de personnes ont une consommation à risque
◗ Augmentation surtout chez les jeunes femmes de 18-25 ans
◗ 22,8 % des femmes enceintes ont consommé au moins une fois de l’alcool pendant la grossesse
 
Tabac
◗ 11,8 millions d’adultes fument quotidiennement (33% d’hommes et 27% de femmes)
◗ 73.000 décès par an liés au tabac
 
Source : Plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives (2013 – 2017)
 
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