Quelles sont les conditions de vie de Thierry Dol depuis trois ans?

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©Ed. Québec Amerique
Alors que ce week-end de nombreuses manifestations sont organisés à travers toute la France pour soutenir les otages du Sahel, dont le Martiniquais Thierry Dol, un ancien otage d'AQMI raconte dans un livre les très rudes conditions de détention qu'il a subi. 
En 2008, le diplomate canadien Robert Fowler a été otage d'Al Qaïda au Maghreb Islamique pendant quatre mois, dans le Sahara.  Âgé de 64 ans, il était l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, chargé d'entamer une médiation entre le gouvernement du Niger et les rebelles Touareg. Enlevé le 14 décembre 2008, en compagnie d'un autre diplomate canadien et de leur chauffeur, à à une trentaine de kilomètres de Niamey, la capitale du Niger, ils ont passé 130 jours dans le désert. C'est finalement la médiation du président du Burkina Faso Blaise Compaoré qui a permis la libération de ces otages canadiens. Robert Fowler explique qu'une rançon a sans doute été versé, mais il dit ne rien savoir du montant, ni qui a payé. 

Un témoignage poignant

Le diplomate s'était promis, lors de sa détention, d'écrire un livre pour raconter cette expérience traumatisante, s'il survivait. Le résultat, c'est donc ce livre "Ma saison en enfer", aux éditions Québec Amérique. Au cours des 440 pages, il décrit sa vie durant Ces quatre mois de cauchemar.  

Souffrance morale

Comme il l'a raconté dans une longue interview accordé à Jeune Afrique, il a cru plusieurs fois qu'il allait être tué par ses ravisseurs. A chaque fois qu'il était emmené sous une tente pour enregistrer une vidéo destinée aux autorités de son pays, le Canadien regardait par terre pour voir si une bâche plastique était étendue sur le sol, ce qui aurait été le signe que les islamistes ne voulaient pas tacher leur tapis en tuant les otages. Les relations avec la trentaine d'islamistes qui avaient la garde des captifs étaient très distantes. Tous semblaient très religieux, faisant plusieurs prières par jour. Ils passaient des heures chaque jour, seuls ou en petits groupes, à réciter des sourates du Coran.  

Souffrance physique

Dans le Sahara, il fait très chaud dans la journée et très froid la nuit.Robert Fowler explique qu'il n'avait que des vêtements très légers. Il a très peu mangé et a du boire de l'eau insalubre. Au cours de ces quatre mois dans le désert, il a perdu environ un kilo par semaine. 


Les otages d'Arlit

Robert Fowler confie à Jeune Afrique qu'il pense tous les jours aux quatre otages français, dont le Martiniquais Thierry Dol, enlevés le 16 septembre 2010. "Il y a toujours un espoir. J'ai trouvé mes quatre mois horribles, alors c'est dur d'imaginer 36 mois et surtout trois étés dans le Sahara. Ils doivent souffrir énormément, mais je crois qu'une solution est toujours possible pour les sortir de là".  

Une interview vidéo de Robert Fowler

Cet entretien a été réalisé la semaine dernière par le site canadien 45eNord.ca (spécialiste des questions militaires) à la suite d'une conférence de Robert Fowler au cours de laquelle il a notamment présenté son livre. (Durée: 24'35)



Mobilisation ce week-end dans plusieurs villes de France en solidarité avec les otages
Plusieurs manifestations sont organisées ce week-end pour commémorer le troisième anniversaire de l'enlèvement des otages d'Arlit, le 16 septembre 2010. Une banderole de solidarité va être affichée samedi à 15 heures sur la mairie de Meudon, commune de la région parisienne ou résidait jusqu'à son enlèvement le Martiniquais Thierry Dol. D'autres rassemblements ont lieu à Marseille et Nantes (le programme ici sur le site des familles des otages).
Dimanche à 10 heures, une messe de prières pour les otages sera dite en la basilique de Saint-Denis (93)
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