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La magistrate d'origine guadeloupéenne Evelyne Lesieur dresse un portrait sévère d'Abdelhakim Dekhar

faits divers
Evelyne Lesieur
Evelyne Lesieur sur le plateau du Grand Soir 3 le 21/11/2013. Elle était avocate générale de la cour d'assises de Paris en 1998 lors du procès Rey-Maupin, dans lequel était impliqué Abdelhakim Dekhar. ©France 3
La magistrate d'origine guadeloupéenne Evelyne Lesieur dépeint Abdelhakim Dekhar, le tireur de Libération, comme un homme affabulateur au regard fuyant. Avocate générale de la cour d'assises de Paris, elle avait requis 10 ans de prison à l'encontre de Dekhar en 1998 dans l'affaire Rey-Maupin. 
Pour Evelyne Lesieur, Abdelhakim Dekhar est loin d'être un amateur. L'avocate générale de la cour d'assises de Paris, d'origine guadeloupéenne, avait eu affaire au personnage en 1998 lors du procès de Florence Rey. Dekhar avait alors été reconnu coupable d'association de malfaiteurs pour avoir aidé le couple Rey-Maupin dans une épopée sanglante au cours de laquelle avaient été tués trois policiers, un chauffeur de taxi et Audry Maupin lui-même. 

A l'époque, Evelyne Lesieur avait requis dix ans de prison à son encontre. Il avait écopé de quatre ans. Aujourd'hui à la retraite, Evelyne Lesieur confirme à La1ere que cette affaire reste un "dossier sensible" dans sa carrière.

Un affabulateur

Quinze ans après le procès, Evelyne Lesieur se souvient d'un homme qui niait toute implication dans l'affaire.  "Il racontait des histoires... Qu'il travaillait pour les services secrets algériens... Il pouvait tenir tête à un régiment", déclare-t-elle au micro de France Info (à écouter ci-dessous).
Selon elle, Abdelhakim Dekhar, beau-parleur, exerçait "un ascendant très important sur le couple Rey-Maupin, qu'il qualifiait d'inexpérimenté", comme elle l'expliquait hier sur le plateau du Grand Soir 3 (à voir en replay, à partir de 25' environ). En 1994, c'est Abdelhakim Dekhar qui avait fourni le fusil à pompe au couple de malfaiteurs.

Un homme étrange

Abdelhakim Dekhar est "un homme étrange". Voilà un point sur lequel se rejoignent Evelyne Lesieur, l'ex-avocate générale, et Raphaël Constant, l'avocat martiniquais qui le défendait alors. "Dekhar se méfiait de tout le monde, même de ses avocats !", déclare Evelyne Lesieur à La1ere.

Interpellé mercredi soir, le tireur présumé a préféré garder le silence pendant sa garde à vue. Il doit être présenté à la justice vendredi pour tentatives d'assassinats à Libération, BFMTV et devant la Société Générale à La Défense.