outre-mer
territoire

Scientifiques d'Outre-mer : Muriel Octavius, passion mathématiques appliquées

sciences
Muriel Octavius
©Cécile Baquey
Cinquième et dernier volet de notre dossier sur les scientifiques d'Outre-mer avec Muriel Octavius. Cette Martiniquaise de 34 ans, est ingénieur, spécialisée en mathématiques appliquées. Muriel Octavius s'est lancée dans une carrière dans l'aviation et le spatial.
Dans un mois, Muriel Octavius donnera naissance à son second enfant. Installée dans la région parisienne, cette jeune Martiniquaise sourit à l'idée de devoir retracer son parcours qui ne lui semble pas encore si long. "Je n'avais pas envie de faire de la recherche, je voulais travailler dans l'industrie, l'aéronautique ou le spatial. Après le Bac, poursuit Muriel Octavius, je me suis inscrite en Maths sup au lycée Bellevue à Fort-de-France. Je prenais un risque car c'était la première année que cette prépa s'ouvrait, mais je n'ai pas regretté. Nous étions 15 à la fin et les profs nous ont bien préparé". 

Le parcours de la combattante

Au bout de la seconde année de Maths spé, Muriel réussit un concours qui l'intéresse, à savoir Matmeca à Bordeaux. Elle se souvient de son parcours du combattant pour passer les oraux dans l'hexagone.  "Ce n'est pas facile pour nous les Ultramarins,  car il fallait passer les oraux à Paris, à Bordeaux, à Brest et en Alsace. Si je n'avais pas été boursière et si je n'avais pas eu de famille dans l'hexagone, ça aurait été compliqué financièrement". Malgré tout, la jeune Martiniquaise intégre l'école d'ingénieur Matmeca à Bordeaux, heureuse de son choix. Regardez cette vidéo dans laquelle Muriel Octavius explique ce qui lui a donné envie de faire des mathématiques appliquées. 

Muriel Octavius, ongénieur


Pas les mêmes codes

La vie d'étudiante à Bordeaux, Muriel s'y fait petit à petit. Elle avoue qu'en arrivant, il lui a bien fallu deux ans pour s'adapter. "Quand on est ultramarin, on n'a pas les mêmes codes. Il faut du temps pour comprendre les gens, leur humour. Heureusement j'avais un cousin éloigné que je voyais de temps en temps et puis à l'école, il y avait pas mal de fêtes. Le côté positif de Bordeaux, c'est la vie culturelle, très accessible pour les étudiants. En Martinique, les concerts, les pièces du théâtres, l'opéra, il en y a moins, et pour les étudiants, ce n'est pas très abordable". Côté scolarité, Muriel Octavius s'est rendue compte que la formation reçue à Fort-de-France était de bonne qualité, car elle ne s'est pas sentie du tout en retard.

Bordeaux
Vue de Bordeaux ©Ludovic Misant/ Hemis.fr /AFP


ATV Jules Verne

A la sortie de l'école en 2003, Muriel Octavius signe un contrat chez un sous-traitant d'Alcatel à Cannes. Elle commence à travailler sur les calculs thermiques. En clair, "comment les équipements se comportent s'ils chauffent de plus en plus". Elle poursuit ce travail dans une autre entreprise et planche alors sur le satellite ATV Jules Verne. "Là, il fallait calculer combien de flux solaires et d'énergie étaient récupérés par les panneaux, calculer l'énergie utilisée par les équipements et vérifier qu'il y ait suffisamment d'électricité solaire pour que tout fonctionne bien, selon la position par rapport au soleil. On a fait des essais en Hollande pour vérifier nos calculs. C'était une très belle expérience". 

ATV Jules verne
Dessin représentant l'ATV Jules Verne ©ESA / AFP

Mathématiques appliqués

Depuis 5 ans maintenant, la jeune Martiniquaise a mis ses compétences au service de la SAGEM à Massy, dans la banlieue sud de Paris. Cette fois, elle travaille sur des viseurs, des caméras toutes simples que l'on trouve dans des avions, des hélicoptères, des chars ou des sous-marins. "Notre objectif consiste à faire en sorte que les images des viseurs soient stables. Il s'agit donc encore de faire du calcul thermique, de vérifier la tenue des équipements électroniques face à des changements de températures, ou de vibrations. Les pièces ne doivent pas casser et tout ça peut se faire grâce aux mathématiques appliquées".

Et la Martinique ?

A quelques jours de l'arrivée de son nouvel enfant, Muriel Octavius pense souvent à la Martinique. Elle se verrait bien repartir là-bas mais c'est, selon elle, quelque chose à préparer. "Dans mon secteur, il n'y aura pas de travail, il faudra donc songer à une reconversion, pourquoi pas me mettre à mon compte mais ça, il faut bien y penser..." voire calculer ? 

Publicité