La température élevée, critère de pénibilité du travail en Outre-mer ?

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Femme au bureau devant son ordinateur
©KEVIN KOZICKI / CULTURA CREATIVE
Faire de l'exposition à une température élevée un critère de pénibilité du travail, c'est l'une des pistes envisagées par les ministres des Affaires sociales et du Travail, dans le cadre de la future réforme des retraites. En Outre-mer, ce critère inquiète les syndicats patronaux.
Ce sera la mesure phare du futur projet de réforme des retraites : l'instauration d'un "compte pénibilité" à partir de 2015. Un rapport portant sur ce thème a été remis la semaine dernière aux ministres du Travail et des Affaires sociales, François Rebsamen et Marisol Touraine.
 
Le principe ? Tout salarié exposé à des facteurs de pénibilité (postures pénibles, travail de nuit, etc.) pourra accumuler jusqu'à 100 points, convertibles en trimestres de retraite. Parmi les critères envisagés, il en est un qui fait polémique en Outre-mer : celui de la température élevée. L'auteur du rapport préconise de prendre en compte l'exposition à des températures "supérieures ou égales à 30° pour une durée de 900 heures par an". 900 heures, cela représente un peu plus de la moitié du temps travaillé chaque année par les Français. Ainsi, "lorsque l’intensité et la durée d’exposition dépassent le seuil annuel, le compte du salarié sera crédité de quatre points".

Température moyenne annuelle dans 5 villes des DOM | Create Infographics


Plus de 30° pour une durée de 900 heures par an : un seuil atteignable en Outre-mer

Si le thermomètre atteint rarement 30° dans l'hexagone, c'est une situation courante dans les départements d'Outre-mer (voir le graphique ci-dessus). D'après les mesures fournies par Météo France pour l'année 2013, on recense 277 jours en Guyane au cours desquels le mercure a dépassé la barre des 30°. Plus de 200 jours également en Martinique, en Guadeloupe et à Mayotte. Et 63 jours à La Réunion. 
 
D'où l'inquiétude des syndicats patronaux. Selon la CGPME, citée par Le Figaro (lien abonnés), "avec ce critère, la quasi-totalité des salariés de ces territoires sont bons pour partir en retraite deux ans plus tôt". Si l'on peut vraisemblablement penser que ce seuil sera atteint dans les DOM plus souvent que dans l'hexagone, le ministère du Travail, contacté par La1ere, n'envisage pas de mesure spécifique pour les Outre-mer.