Le chikungunya arrive en Amérique centrale et aux Etats-Unis

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Chikungunya
Poster à La Réunion en février 2006 pendant l'épidémie de chikungunya ©MEHDI FEDOUACH / AFP
Alors que l'épidémie de chikungunya s'est installée dans la Caraïbe, l'Institut National de Veille Sanitaire alerte sur le risque de propagation de l'épidémie en Amérique centrale et aux Etats-Unis. 
Selon l'Institut de veille sanitaire (INVS) français, le virus du chikungunya constitue une "menace sanitaire d'envergure" pour les zones tropicales et subtropicales du continent américain. Pendant ce temps, l'épidémie en cours aux Antilles ne faiblit pas. 9 000 personnes ont été touchées en Martinique et en Guadeloupe depuis le début de l'épidémie en décembre.  "Et ça ne va pas s'arranger, selon Anna-Bella Failloux, spécialiste des moustiques vecteurs du chikungunya et de la dengue à l'Institut Pasteur, le cocktail vacances, humidité et moustiques y est favorable"
 

Le chikungunya et la Coupe du monde

"Des rassemblements de populations, tels que la Coupe du monde de football en juin 2014 au Brésil, constituent des situations favorables à la diffusion virale et nécessitent des mesures de prévention spécifique", avertit de son côté l'INVS dans un article publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Ce virus, transmis à l'homme par des moustiques, provoque de fortes fièvres et des douleurs articulaires. Cette maladie, contre laquelle il n'existe aucun traitement spécifique ni vaccin, pour l'instant, peut s'avérer très handicapante. Comme la grippe saisonnière, elle peut être fatale pour des personnes affaiblies.
 

Epidémie dans la Caraïbe

Après avoir émergé brutalement en novembre 2013, dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, le virus s'est progressivement disséminé dans la région des Antilles. L'épidémie touche aujourd'hui plusieurs pays des Caraïbes, tout particulièrement la Guadeloupe et la Martinique où elle risque de s'intensifier avec la saison des pluies qui, entre juillet et novembre, favorisera la multiplication des moustiques, souligne l'INVS. Il reste difficile de prédire l'évolution de l'épidémie dans ces deux départements en raison de nombreux facteurs liés au climat, à l'environnement et au degré d'immunité de la population. Regardez cette vidéo filmée en Martinique dans laquelle une mère et sa fille décrivent les symptômes du chikungunya qu'elles ont contracté.
Chikungunya en Martinique : une mère et sa fille témoignent

Chikungunya en Amérique centrale

Ce virus est désormais présent dans de nombreuses îles des Caraïbes et affecte aussi, mais de façon plus "modérée", la Guyane, selon l'INVS. Sur le continent américain, quelques cas autochtones ont été répertoriés en Amérique centrale, avec huit cas confirmés au Salvador, selon le dernier point diffusé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 3 juillet. Ces cas autochtones désignent ceux de personnes contaminées localement par des moustiques et non pas ceux de voyageurs contaminés dans une zone connue comme infectée et qui reviennent ensuite avec la maladie dans leur pays.
 

"Une menace sanitaire d'envergure"

Aux Etats-Unis, on dénombre plusieurs dizaines de cas, mais qui sont officiellement tous des cas importés par des voyageurs, selon l'OMS. L'INVS met en garde contre les risques élevés d'épidémie dans les pays tropicaux ou subtropicaux du continent américain où les moustiques pullulent. L'introduction de cette maladie dans des pays "très peuplés" d'Amérique latine où "la population est totalement naïve" face à ce virus, à savoir qu'elle n'a jamais été mise en contact avec le virus, constitue une "menace sanitaire d'envergure", estime l'organisme.
 

Et l'Europe ?

Le sud de l'Europe, où se multiplient désormais les moustiques tigres qui transmettent dengue et chikungunya, est également une zone concernée par les risques d'introduction de cette maladie durant l'été, prévient encore l'Institut.