Chikungunya : Marisol Touraine en Guadeloupe et en Martinique du 16 au 18 juillet

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Marisol Touraine
La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine ©Bertrand Guay / AFP
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, effectue à partir de mercredi soir une visite de 48 heures en Guadeloupe et en Martinique pour se rendre compte sur le terrain de "l'épidémie majeure" de chikungunya.
A l'orée de la saison des pluies, qui risque de favoriser la prolifération des moustiques, Marisol Touraine vient "appréhender la diversité des structures et des acteurs investis dans la lutte contre l'épidémie", conformément à son annonce de la semaine dernière.

Stabilisation du nombre de cas

Actuellement, la tendance générale est à la stabilisation du nombre hebdomadaire de personnes qui consultent un médecin pour le "chik" : entre 2.500 et 3.000 nouveaux cas en Martinique et entre 5.000 et 5.500 en Guadeloupe, qui présentent des fièvres, douleurs articulaires, parfois violentes mais sans remède spécifique, selon l'Institut de Veille sanitaire (InVS). Environ 13,5% de la population antillaise a consulté un médecin, soit 100.000 personnes.

Une enquête est en cours pour savoir quelle proportion de la population est porteuse du virus ou est désormais immunisée, puisque le chikungunya ne s'attrape qu'une seule fois. Sans ces données, impossible de savoir si le pic de l'épidémie a été franchi.

Les vacances scolaires sont synonymes de retour en famille de quelques 400.000 Antillais vivant dans l'Hexagone, ce qui ajoute une donnée au problème sanitaire, avec la perspective de rapatriement du virus. Plusieurs cas de personnes infectées aux Antilles ont été recensés dans le sud de la France, mais aussi en Ile-de-France, où vit la majeure partie des originaires des Outre-mer.

Inquiétude des acteurs économiques

En Guadeloupe, Mme Touraine rencontrera jeudi le comité de gestion de l'épidémie à l'Agence régionale de santé à Basse-Terre, ville où elle assistera à des opérations de "lutte anti-vectorielle", c'est-à-dire de destruction des gîtes larvaires. Une rencontre avec les acteurs économiques est prévue : certains, notamment ceux du tourisme, s'inquiètent des conséquences de cette épidémie. Toutefois, la fréquentation durant les congés de juillet et août étant surtout "affinitaire", familiale ou amicale, les réservations de billets d'avion n'avaient pas connu de baisse notable, ont souligné les compagnies aériennes.
 
Les gestes de prévention sont rappelés dans les avions avant l'atterrissage, et dans des spots télé et radio dans les médias locaux : porter des vêtements longs et clairs de préférence, mettre du répulsif et consulter dès les premiers symptômes, sachant que la durée d'incubation est d'environ 4 jours.
 

Risque de manque de médecins ?

Concernant l'organisation des soins, la ministre verra la partie hospitalière au CHU de Pointe-à-Pitre et la partie médecine de ville aux Abymes. La question de la permanence des soins est aussi un sujet d'inquiétude : de nombreux médecins prennent des vacances et si l'épidémie s'amplifie, il faut pouvoir y répondre.

Des hôpitaux antillais ont pris conseil auprès du CHU de Saint-Denis de la Réunion, qui s'était trouvé en première ligne entre décembre 2005 et décembre 2006. Une grave épidémie avait sévi dans ce département de l'océan Indien, affectant près du tiers des 800.000 habitants et faisant 250 morts.
 
De son côté, l'EPRUS (établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) a déjà envoyé "deux médecins et cinq infirmiers réservistes" au CHU de Basse-Terre et a "mis en pré-alerte des dizaines de professionnels, dont des médecins locaux à la retraite, si la médecine de ville ne pouvait plus faire face".


En Martinique vendredi, Marisol Touraine aura un programme sensiblement similaire avec actions de pulvérisation, sensibilisation de population, traitement d'une maison de retraite, rencontre avec les professionnels de santé et visite de l'unité d'infectiologie du CHU de la Meynard à Fort-de-France.