Les décès liés aux maladies cardiovasculaires plus fréquents dans les Dom

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Le CHU de Fort-de-France en Martinique
Le CHU de Fort-de-France en Martinique ©KENZO TRIBOUILLARD / AFP
La mortalité prématurée par maladie cardiovasculaire est  sujette à d'importantes disparités régionales, selon un rapport de l'Invs (Institut national de Veille sanitaire). Les Dom sont particulièrement plus touchés que le reste du territoire national.
Maladies cérébrovasculaires, insuffisance cardiaque ou cardiopathie ischémique: des termes scientifiques, méconnus du grand public, qui correspondent pourtant à des maux graves et fréquents: les maladies cardiovasculaires représentent la 3e cause de mortalité présumée en France. Rapide explication.

  • Les maladies cérébrovasculaires: elles correspondent aux AVC (accident vasculaire cérébral). Le cerveau du malade présente des lésions d'origine vasculaires ce qui entraine un déficit neurologique. Les AVC peuvent être causé par la rupture d'un vaisseau sanguin ou l'obstruction d'une artère cérébrale.

     
  • L'insuffisance cardiaque. Le cœur des personnes concernées n'effectue plus correctement son travail de pompe et  ne permet pas d'oxygéner suffisamment leurs organes. Une pathologie assez fréquente, notamment chez les personnées âgées de 75 ans et plus.  
 
  • Les cardiopathies ischémiques  ou maladies coronariennes: le muscle cardiaque n'est pas assez oxygéné, la faute à une ou plusieurs artères coronaires défaillants. Elle se manifeste par une angine de poitrine pouvant mener à un infarctus.
 
 

Des maladies en recul…mais très répandues dans les Dom

L'étude de l'InvS porte sur la mortalité prématurée par maladie vasculaire. Elle s'étend sur une période allant de 2000 à 2010, dans l'Hexagone et les Départements d'Outre-mer, (excepté Mayotte, devenue Dom, en 2011).
Grâce à une meilleure prise en charge des patients et une meilleure évaluation des risques,  ces trois maladies sont en diminution le début des années 80. Mais elles restent  bien plus répandues dans les Dom que dans le reste de l'Hexagone.

Dans l'ensemble, sur 100 000 habitants cette prématurée touche 41 Guadeloupéens, 33 Martiniquais, près de 42 Guyanais et 46,8 Réunionnais. Alors que dans l'ensemble du territoire national, l'étude révèle qu'en moyenne 25,7 Français sur 100 000 habitants sont concernés par ces décès prématurés…

Disparités régionales des taux standardisés de mortalité prématurée moyens 2008-2010
Disparités régionales des taux standardisés de mortalité prématurée moyens 2008-2010 ©Invs

 

Les AVC plus fréquents Outre-mer

Concernant la mortalité prématurée par AVC, ou maladies cérébrovasculaires l'écart se creuse de façon assez inquiétante: l'écart avec la moyenne nationale  atteint les 100%, dans l'ensemble des DOM.

Une bonne nouvelle néanmoins,  la mortalité par cardiopathie ischémique est plus faible qu'ailleurs en Martinique (-34,3%)  et en Guyane (-24,8%), et dans une moindre mesure en Guadeloupe (-2,1%).
 

Pourquoi tant de disparités?

L'Invs avance plusieurs hypothèses ; Tout d'abord la répartition des facteurs de risques est inégale sur le territoire national. La consommation d'alcool, le tabagisme, le diabète (…) ne sont pas répartis équitablement dans le pays. L'offre de soin non plus n'est pas la même partout.
Ainsi les régions qui présentent les taux de mortalité prématurée les plus bas  (Rhône Alpes, Pays de la Loire, et Midi Pyrénées, sont également celles ou le taux d'obésité est le plus faible.
 
Enfin, note l'Invs, le contexte socioéconomique est à prendre en compte: la carte régionale des bénéficiaires de la CMU en 2005 note des similarités avec la carte de la mortalité cardiovasculaire prématurée.
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