L’Affaire SK1 : l’avocat martiniquais de Guy Georges interprété par l'acteur réunionnais William Nadylam

cinéma
William Nadylam incarne Me Alex Ursulet, Nathalie Baye joue Me Frédérique Pons
William Nadylam incarne Me Alex Ursulet, Nathalie Baye joue Me Frédérique Pons ©Bande-annonce de L'Affaire SK1
La traque de Guy Georges, le "tueur de l’Est parisien", est portée à l’écran dans "L’affaire SK1", en salles ce mercredi. Alex Ursulet, l’avocat martiniquais de Guy Georges, est interprété par l’acteur William Nadylam, d’origine réunionnaise.
Au septième jour de procès, il a fini par reconnaître avoir violé et égorgé sept jeunes femmes à Paris, entre 1991 et 1997. Les aveux de Guy Georges devant la cour d’assises en mars 2001, c’est à lui qu’il les murmure. Lui, le Martiniquais Alex Ursulet, l’un des avocats du "tueur de l’Est parisien" (lire la chronique judiciaire de Patricia Tourancheau en milieu de page). Aux côtés d'Ursulet : l'avocate Frédérique Pons (jouée par Nathalie Baye). Le procès et les 7 ans d’enquête sont au cœur du premier-long métrage de Frédéric Tellier : "L’affaire SK1" ("serial killer numéro 1"), qui sort en salles ce mercredi (voir la bande annonce ci-dessous). 


Un acteur d'origine réunionnaise incarne Me Ursulet

Dans le film, Me Ursulet est incarné par William Nadylam, d’origine camerouno-réunionnaise. Pour préparer le rôle, il a rencontré Alex Ursulet à plusieurs reprises : "C’était la première fois que je voyais un avocat afro-antillais à ce niveau-là, j’étais très impressionné, confie-t-il à nos confrères de Radio Outre-mer 1ère. Il a accepté de m’aider, il m’a emmené au tribunal, il m’a expliqué les rituels... " L'acteur explique qu'il a eu du mal à entrer dans son rôle : "Au départ, je ne comprenais pas qu’on puisse défendre quelqu’un comme Guy Georges. Alex Ursulet m’a fait comprendre que le rôle de l’avocat consistait parfois à défendre ceux que personne ne veut défendre…"

7e jour du procès : la scène des aveux racontée par Patricia Tourancheau (chroniqueuse judiciaire à Libération), extrait de "La Traque" (Pocket)
Me Ursulet : - Si vous avez des choses à dire, c'est là. Dans quelques instants, la seule rescapée va témoigner. Et personne ne supportera le silence. Ni les familles, ni elle, ni nous. Si c'est vous l'agresseur, je vous demande de le dire.
Guy Georges, obstiné : - Non.
Tout près du visage de Guy Georges, l'avocat parle tout bas, comme une prière : - Pour votre famille, votre père où qu'il soit, pour qu'ils puissent vous pardonner, si vous avez quelque chose à voir, il faut le dire. Avez-vous agressé Mlle O. ?
D'une voix rauque, grave, lointaine, Guy Georges souffle : - Ouais.
Il vient d'avouer. On l'a à peine entendu. Puis, prosterné, il pleure.
- Avez-vous tué Mlle Escarfail ?
- Oui.
L'avocat appelle ainsi, les uns après les autres, les noms des sept jeunes femmes violées et égorgées entre 1991 et 1997. "Oui", répond à chaque fois Guy Georges.


Réclusion criminelle à perpétuité

Le 5 avril 2001, le verdict des jurés est conforme aux réquisitions de l’avocate générale. La Guadeloupéenne Evelyne Lesieur, avait requis la perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, pour celui qu’elle avait préalablement dépeint en "incarnation du mal". A la sortie de la salle d’audience, Maître Ursulet déclare devant une multitude de journalistes : "J’ai défendu un homme, stigmatisé en monstre. J’ai voulu faire ressortir la part d’humanité qu’il y avait en lui. Surtout dans cet aveu terrible, et dans cette demande de pardon, qui le ramène, j’espère, sur le chemin de la rédemption" (voir ci-dessous le reportage de France 2, le 5 avril 2001).

 

Un suspect "de type antillais" : une appellation trompeuse
SK1, "serial killer numéro 1", désigne le code génétique de Guy Georges, qui a longtemps été recherché sous l’appellation "homme de type antillais". Contrairement à Me Ursulet, Guy Georges n’a pourtant pas de racines caribéennes. Né en 1962 d’une aventure entre un père noir américain et une mère blanche, originaire d’Angers, il a ensuite été placé en foyer avant d’atterrir en famille d’accueil. Pour le pousser aux aveux, son avocat invoquera d’ailleurs la figure de ce père absent.