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Rassemblement massif à Montrouge en hommage à Clarissa Jean-Philippe

Près de 2.000 personnes se sont rassemblées mardi soir, à Montrouge, pour rendre hommage à la policière martiniquaise Clarissa Jean-Philippe, tuée par Amedy Coulibaly le 8 janvier. Cette veillée œcuménique a réuni une foule massive et hétéroclite.

Des policiers municipaux déposent une gerbe de fleurs devant le portrait de Clarissa Jean-Philippe, morte à Montrouge le 8 janvier 2015 sous les balles d'Amedy Coulibaly. © Léia Santacroce
© Léia Santacroce Des policiers municipaux déposent une gerbe de fleurs devant le portrait de Clarissa Jean-Philippe, morte à Montrouge le 8 janvier 2015 sous les balles d'Amedy Coulibaly.
  • Par Léia Santacroce
  • Publié le
"Pendant la manif de dimanche, nous étions un peu isolés. Ce soir, ça s'est rattrapé. On a ressenti une chaleur immense…" Ce sont les mots de Samuel, l'un des proches de Clarissa Jean-Philippe, à l'issue de la veillée qui s'est tenue mardi soir, à Montrouge (Hauts-de-Seine).

Malgré sa peine, Samuel a le sourire aux lèvres. Près de 2.000 personnes se sont rassemblées pour saluer la mémoire de la policière martiniquaise (voir notre diaporama en bas de page). Plus tôt dans la journée, c'est François Hollande lui-même qui lui avait rendu hommage. Tuée par Amedy Coulibaly le 8 janvier, Clarissa Jean-Philippe fait partie des 17 victimes des attentats terroristes qui ont touché la France la semaine dernière.
 

Une foule massive et hétéroclite

Dans l'imposante salle du Beffroi à Montrouge, il n'y a plus une chaise de libre. (Des centaines de personnes ont dû rester à l'extérieur.) Devant l'estrade, des monceaux de fleurs jonchent le sol. Au centre, trône une grande photo de la jeune femme, rayonnante. Clarissa Jean-Philippe avait 26 ans. Inconsolable, sa famille est venue en nombre. Des collègues de travail ont également fait le déplacement, de même que des dizaines de policiers municipaux des villes avoisinantes. Des chants, des discours et des prières se succèdent pendant plus d'une heure.

Dans l'assistance, on recense de nombreux Antillais, ainsi que des représentants de la communauté juive, à l'image de M. Touboul, directeur d'une école de Montrouge. "La pauvre petite…, se désole-t-il. Elle a sauvé des enfants ! Sans ce tragique événement, Amedy Coulibaly aurait poursuivi sa course jusqu'aux écoles juives, comme Mohamed Merah…" (Pour l'heure, l'enquête en cours n'a pas déterminé quelles étaient les cibles véritables d'Amedy Coulibaly, ndlr.)

De nombreuses gerbes de fleurs au pied du portrait de la policière. © Léia Santacroce
© Léia Santacroce De nombreuses gerbes de fleurs au pied du portrait de la policière.


"Un parcours exemplaire pour tous les enfants de l'Outre-mer"

Hommes et femmes politiques étaient nombreux à participer à la veillée. Figuraient la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, le député martiniquais Serge Letchimy, Christian Estrosi (ex-secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer) ou la Guyanaise Christiane Taubira (voir notre diaporama en bas de page).

Moment fort de cette cérémonie : le discours de la garde des Sceaux. "Madame, lance-t-elle, émue, en se tournant vers la mère de Clarissa, vous pouvez être fière de votre fille, de son parcours exemplaire pour TOUS les enfants de l'Outre-mer !" Et d'ajouter : "Clarissa, que l'on voit sur les photos… Si jeune, si belle, toisant avec mépris cet assassin si lâche !" Applaudissements nourris dans la salle.

 

Nombreux sont enfin les Montrougiens et Montrougiennes anonymes, qui voulaient simplement dire au revoir à cette policière municipale qu'ils ne connaissaient pas. Pour la Réunionnaise Sophie Elizéon, déléguée interministérielle, "c'est une maigre consolation, mais ça fait plaisir de voir que cette cérémonie dépasse largement le cadre de la communauté ultramarine." L'inhumation de Clarissa Jean-Philippe doit se tenir lundi prochain en Martinique, en présence de George Pau-Langevin.


 

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