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Qui est le groupe Rubis qui devient un acteur majeur dans le secteur des carburants Outre-mer ?

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Les salariés en grève devant la SARA en Martinique. ©Fabrice Defremont
Deux mouvements de grèves ont touché les terminaux pétroliers des Antilles et de La Réunion. Un point commun : le groupe Rubis. Il veut racheter la SRPP à La Réunion et s’apprête à devenir actionnaire majoritaire de la SARA aux Antilles. Explications sur l’inquiétude des salariés ?
Après six jours de grève, les employés de la SRPP, la Société Réunionnaise de Produits Pétroliers ont mis fin mardi 4 mars au soir au blocage. En Martinique, la grève reconductible à la SARA, la Société anonyme de la raffinerie des Antille a elle été suspendue mardi soir. Pour ces Deux sociétés clés du secteur pétrolier des Outre-mer, un point commun : le groupe Rubis. Il est en passe de racheter la SRPP à La Réunion et s’apprête à devenir actionnaire majoritaire de la SARA aux Antilles. Qui est ce groupe ? Quels sont ces objectifs ? Pourquoi provoque-t-il les inquiétudes des salariés ? Explications.

Qui est le groupe Rubis ?


Le quotidien économique Les Echos le décrit comme un "petit acteur français qui monte dans la filière pétrolière". Le groupe Rubis, né en 1990, est un groupe privé indépendant axé sur des marchés spécialisés, dits de niches. Il est un des leaders européens dans la distribution de produits pétroliers (carburants, GPL) et le stockage de produits liquides (pétrole, produits chimiques, engrais). Largement implanté dans la Caraïbe, il est présent aux Bermudes, à la Jamaïque, à la Barbade et  s'apprête désormais à mettre pied à la Réunion.
Pour pouvoir gérer sa distribution de produits pétroliers, le groupe Rubis contrôle également des infrastructures d'approvisionnement. Il a aussi établi plusieurs dépôts côtiers qui stockent les produits en France et dans le Nord de l’Europe.

Que fait le groupe Rubis Outre-mer ?


A la Réunion, le groupe Rubis est en passe de racheter à Total et Shell la totalité du capital de la Société Réunionnaise de Produits Pétroliers (SRPP), détenue jusqu'à présent à parité égale par Total et Shell. Si l'Autorité de la Concurrence valide le rachat, avec cette acquisition le groupe Français veut "renforcer son activité dans l'océan Indien et se développer dans la distribution de tous les produits pétroliers"

Aux Antilles, le groupe Rubis est connu pour son réseau de stations services Vito. Il a longtemps possédé 35,5% de la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA), qui détient la raffinerie des Antilles en Martinique, ainsi que des dépôts en Guadeloupe et en Guyane. L’année dernière, le groupe Rubis a annoncé qu’il allait racheter les parts de Total dans la SARA, soit 50%. S’il obtient les autorisations nécessaires, il deviendra l’actionnaire majoritaire de la SARA, et confortera sa position aux Antilles.

Actionnaires de la SARA | Create infographics

Quels sont les craintes des salariés Outre-mer ? 


A la Réunion, les revendications venaient des employés de la SRPP. En grève depuis six jours, ils réclamaient une prime exceptionnelle pour anticiper le rachat de leur société par le groupe Rubis. Il s'agit selon eux, d'"un juste retour pour le travail fourni". Ce mardi 3 mars, la prime vient de leur être accordée. Selon les syndicats, la direction locale de la SRPP attendait des ordres de Paris et donc du groupe Rubis qui, contacté par la 1ère, se refusait, lundi encore, à tout commentaire. Pour certains grévistes, ce rachat n’est pas "une opération anodine". "Rubis est un groupe qui achète pour vendre. Il s’en fiche des enseignes et ne pense qu’à la rentabilité," assure l’un d’eux. 

Ils s’en fiche des enseignes et ne pense qu’à la rentabilité







Aux Antilles, les cadres de la SARA ont, eux, annoncé mardi soir la suspension de la grève. . Ils craignent notamment pour "leur emploi". Depuis son intention déclarée de racheter les parts de Total dans la SARA, le groupe assure "qu’il s’agit d’un projet d’évolution de l’actionnariat" et que "le renforcement du groupe Rubis, n’entraînerait pas de changements" sur les activités ni pour les salariés de la raffinerie. La Martinique est la seule "petite" île de la zone Caraïbes à posséder une raffinerie. Si elle n’est pas assez rentable, les salariés craignent que Rubis ne stoppe son activité de raffinage pour la transformer en simple dépôt de produits pétroliers. Dans ce cas, pas sûr que tous les emplois soient conservés.

Quel rapport avec le décret Lurel ?


Avec le décret Lurel, mis en place fin décembre 2013, les prix des carburants à la pompe et les marges des pétroliers sont encadrés et fixés par l’Etat. C’est cette nouvelle procédure qui a sans doute convaincu le PDG de Total de vendre ses parts de la SARA au groupe Rubis. Craignant que ses marges ne soient rognées, il préfère se désengager. Dans ce contexte, les salariés se demandent comment le groupe Rubis pourra assurer la rentabilité de la SARA ? Ils estiment également que le décret Lurel n'est pas appliqué de "façon juste". La dégradation des relations entre la SARA et la préfecture constitue la plus grande inquiétude des salariés aux Antilles.
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