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Taubira comparée à un singe à la Une de Minute: amende de 10 000 euros confirmée en appel

La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation du directeur de Minute, Jean-Marie Molitor, à 10 000 euros d'amende pour la Une du journal d'extrême droite qui comparait Christiane Taubira à un singe.

La XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris est spécialisée dans les affaires de presse. © LS
© LS La XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris est spécialisée dans les affaires de presse.
  • La1ere.fr avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
"Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane": cette Une de Minute, qui avait suscité un tollé, a valu jeudi au directeur de la publication du journal d'extrême droite Jean-Marie Molitor une amende de 10.000 euros pour injure raciale. La cour d'appel de Paris a confirmé la peine prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Paris le 30 octobre 2014.
 
 

L'avocat de la défense "heureux"

Le conseil de M. Molitor, Frédéric Pichon, s'est dit "heureux" que la cour n'ait pas suivi l'accusation, qui avait fait appel et requis, outre l'amende, une peine de prison avec sursis (trois mois lors du premier procès, deux mois lors du second), mais "déçu" qu'elle n'ait pas relaxé son client. "Qu'il me soit permis de douter de l'indépendance du parquet dans cette affaire", a-t-il déclaré à l'AFP. Suspicion déjà exprimée à l'audience mais que l'avocate
générale avait balayée.
 

De multiples attaques

Peu avant la parution de cette Une, le 13 novembre 2013, la ministre de la Justice Christiane Taubira avait été la cible de propos racistes du même acabit, de la part d'une jeune fille lors d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel ou encore d'une ex-candidate FN aux municipales dans les Ardennes. Cette dernière, Anne-Sophie Leclère, a été condamnée à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane), avant que la cour d'appel n'annule cette décision. Elle doit être rejugée prochainement, cette fois à Paris.

Après cette parution, qui avait suscité une vague d'indignation, la garde des Sceaux, qui n'avait pas déposé plainte, avait dénoncé des propos "d'une extrême violence", qui "dénient mon appartenance à l'espèce humaine". "J'encaisse le choc mais c'est violent pour mes enfants, pour mes proches et pour tous ceux qui ont une différence", avait-elle ajouté.

Dans la presse comme devant les enquêteurs, Jean-Marie Molitor, qui ne s'est présenté à aucune des deux audiences, s'était défendu de tout racisme, reconnaissant seulement une couverture de "mauvais goût" qu'il a assumée. Selon lui, l'hebdomadaire n'est pas "d'extrême droite", mais "libre et indépendant".
 

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