Tropiques Atrium signe le retour de la scène nationale martiniquaise

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Tropiques Atrium
Lors de la présentation de Tropiques Atrium au ministère de la Culture : George Pau Langevin, Fleur Pellerin, Josette Manin et Hassane Kassi Kouyaté. ©MCC © Elisa Haberer
Adieu CMAC, bonjour Tropiques Atrium ! L'attribution du label "scène nationale" à la structure martiniquaise a été annoncée en grandes pompes au ministère de la Culture jeudi 24 septembre. Un contrat d'objectifs et de moyens a été signé pour les trois ans à venir.
Un an que l'entité regroupant le Cmac (association détenant le label "scène nationale") et l'Atrium (Centre culturel départemental) était annoncée. La fusion a donc eu lieu, et Tropiques Atrium est né. Il s'agit d'un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui a récupéré le précieux statut de scène nationale. "C'est à la fois une reconnaissance de l'apport de la culture ultra-marine à la diversité des expressions et des esthétiques qui constituent la culture de notre pays, a dit Fleur Pellerin, la ministre de la Culture, qui viendra en Martinique début 2016. C'est une reconnaissance de la qualité du projet artistique et culturel de la scène. Une reconnaissance aussi du rôle que peuvent jouer ces établissements labellisés par le ministère dans le développement culturel des territoires. J'ai beaucoup d'espoir dans le fait que Tropiques Atrium soit un agitateur culturel, qu'il puisse accueillir tous les publics et offrir une porte à tous ceux qui n'ont pas forcément accès à la culture."

Mésentente entre acteurs culturels

Après une longue période de transition et d'ajustements, Tropiques Atrium a vu le jour début 2015. "C'est l'aboutissement d'une situation qui posait problème, explique la ministre des Outre-mer, George Pau Langevin. Nous avions plusieurs structures concurrentes sur le département. Il y avait une forme de mésentente entre divers acteurs culturels et je pense que cela tenait sans doute à ce que l'on mettait en avant soit l'aspect national, soit l'aspect identité martiniquaise. Je crois qu'il est bien qu'on ait à la fois un responsable qui soit au fait de la diversité des cultures, et le label de "scène nationale" qui donne des moyens et une reconnaissance." Le label engage aussi à des missions de soutien à la création, d'aménagement culturel du territoire, et de sensibilisation à l'art.

Programmation en trois actes


Tropiques Atrium devient donc la 71e scène nationale française, et bénéficiera d’un budget global de 3,7 millions d’euros cette année (État et Conseil général). En septembre 2014, Hassane Kassi Kouyaté était nommé directeur, et pendant l'année qui vient de passer, le metteur en scène n'a pas chômé : "La première étape c'était la fusion administrative. On a travaillé comme des dingues à créer la structure, à la faire exister à tous les niveaux, à refaire un organigramme, à créer une dynamique de travail, à impulser un nouveau projet... Il a fallu écrire le Contrat d'objectifs et de moyens pour obtenir le label... Ça a été des journées de 35 heures et pas de 24 heures !" Dans sa présentation de la saison 2015-2016 jeudi prochain (1er octobre) à Fort-de-France, Hassane Kassi Kouyaté donnera les détails d'une programmation en trois actes : expressions féminines de la Caraïbe, écritures contemporaines et classiques revisités. La création et la formation seront également privilégiées.

 

Les scènes nationales
Le label "scène nationale" vient en 1992 unifier un réseau de référence construit à travers diverses étapes : les maisons de la culture (1962), les centres de développement culturel (1982) et les centres d'action culturelle (1971). Une scène nationale a trois missions :
- s'affirmer comme un lieu de production artistique de référence nationale dans les domaines de la culture contemporaine,
- organiser la diffusion et la confrontation des formes artistiques en privilégiant la création contemporaine,
- participer dans leur aire d'implantation à une action de développement culturel favorisant de nouveaux comportements à l'égard de la création artistique et une meilleure insertion sociale de celle-ci.

Un contrat d'objectifs est établi pour chaque scène nationale, qui s'organise en 4 développements:
- l'activité artistique de l'établissement,
- son rapport au public,
- l'inscription de la scène nationale dans son environnement,
- son économie et son organisation fonctionnelle.

Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France – avril 2008