Glob’îles #4 : les sargasses, une peste pour les Antilles

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Mathias Fédronie, collégien au Vauclin
Mathias Fédronie, collégien au Vauclin ©CB
La1ère poursuit sa série hebdomadaire de reportages avant la COP21 à Paris fin novembre. Le globe (symbole de notre série) est parti cette fois en Martinique en pleine crise des sargasses. Les nuisances pour les habitants des communes concernés sont particulièrement pénibles.  
Depuis 2011, les Antilles connaissent régulièrement des épisodes de déferlement d’algues sargasses sur leurs côtes. Il n’y a qu’en 2013 que la Martinique et la Guadeloupe ont été épargnées. Cette année, l’arrivée des algues a commencé dès le mois de février. En Martinique, les communes du Robert, du Vauclin et du François sont particulièrement touchées. La1ère s’est rendue sur place à la rencontre de ceux qui vivent avec les sargasses. Regardez ce reportage tourné au Robert fin juin 2015.
 

Bonus : pour en savoir plus sur le phénomène des sargasses               
 
En Martinique Jean-Philippe Maréchal, consultant sur les questions environnementales suit depuis 2011 le phénomène des sargasses. Ce chercheur travaille en coopération avec d’autres scientifiques aux Etats-Unis. « Grâce aux images du capteur MODIS à bord du satellite ENVISAT,explique-t-il à La1ère, on arrive à détecter les signaux des algues ».
 

La petite mer des sargasses

On a longtemps pensé que ces algues qui déferlent sur les côtes des Antilles venaient de la mer des sargasses située au large de la Floride. Aujourd’hui, une zone d’accumulation située au nord du Brésil a été identifiée. Pourquoi, les algues se plaisent autant dans cette petite mer des sargasses ? Regardez l’interview de Jean-Philippe Maréchal
 

« On pense que ces algues ont dérivé de la mer des sargasses vers cette zone située au large du Brésil. Elles ont été prises par la zone de convergence nord-équatoriale. Là, elles reçoivent les eaux douces de l’Amazone très riches en nutriments et de l’autre côté, au large de l'Afrique les eaux douces du Golfe de Guinée. Cela prend un an environ pour faire le tour entre le nord du Brésil et le golfe de Guinée », explique Jean-Philippe Maréchal. A cela s’ajoute, les poussières du Sahara chargées en phosphore et en fer qui agissent comme un engrais.
 

"Reproduction végétative"

Par ailleurs, "les algues sargasses ont un mode de reproduction assexué", explique le professeur Pascal Saffache à La1ère. Il suffit qu’elles se cassent et ça crée encore une nouvelle algue. « Il s'agit de la "reproduction végétative", qui sous l'effet de la fragmentation des thalles (les branches NDLR) favorise la reproduction des algues », précise le professeur.
 
Pascal Saffache, professeur à l'Université des Antilles
Pascal Saffache, professeur à l'Université des Antilles ©DR

Des pêcheurs qui s'adaptent

Au Vauclin, les pêcheurs ont dû s’habituer à vivre avec les sargasses. Gérard Barru s’est adapté à ses algues qui se déversent sur les côtes de sa commune. Désormais quand il part en mer, il n’utilise plus les mêmes appâts. Sa technique de pêche a complètement changé. Regardez les explications de Gérard Barru 
 

A la Pointe Faula, haut lieu du kitesurf en Martinique, les sargasses passent et les commerces ne vont pas fort. Les restaurants, les boutiques sont désertées par les touristes qui n’ont pas très envie de cohabiter avec les sargasses. Quand les algues sont enlevées, les visiteurs reviennent, mais au compte-goutte. Regardez l'interview d'Yves Maisoneuve, gérant d’une boutique spécialisée dans le kitesurf
 

Bonus : Diaporama du reportage

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Reportage : Invasion de sargasses au Robert
Journaliste : Cécile Baquey
JRI : Stéphane Petit-Frère
Montage : Yasmina Kherfi
Mixage : Sylvain François
Les Outre-mer en continu
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