Nombre record de 45 meurtres en Guadeloupe et à Saint-Martin en 2015

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Après le nouvel homicide de samedi 19 décembre, la Guadeloupe et Saint-Martin ont atteint un triste record. Sur place, la police se sent "impuissante et abandonnée" et regrette des "problèmes d'effectifs" pour faire face à une violence endémique. 
La spirale de la violence ne s'arrête plus en Guadeloupe. Un nombre record de 45 meurtres a été enregistré depuis janvier sur l'île et à Saint-Martin, a-t-on appris dimanche de source judiciaire. Le 45e homicide a été commis samedi soir à Capesterre-Belle-Eau, à l'est de Basse-Terre, chef-lieu de la Guadeloupe, où un jeune homme de 23 ans, connu des services de police, a été tué par balles alors qu'il jouait à la belote dans un squat.
 
Les circonstances exactes du crime restaient indéterminées dimanche, et le ou les auteurs étaient recherchés. La veille, à Basse-Terre, un octogénaire a avoué le meurtre de sa soeur de 86 ans à l'arme blanche. Selon le procureur de Basse-Terre, cité par le quotidien local France-Antilles, l'homme aurait agi ainsi parce qu'il "ne supportait plus la victime".
 

"Impuissants et abandonnés"

La Guadeloupe et Saint-Martin avaient enregistré un nombre record de 43 meurtres en 2013. Selon Tony Beauregard, responsable de la section locale du syndicat Unité Police-SGP-FO à Capesterre-Belle-Eau, la situation cette année "est pire qu'en 2013 parce qu'il y avait eu la tuerie de Tabanon (il y a deux ans, un drame familial qui avait fait six morts). Là, cela veut dire qu'il y a plus d'auteurs (d'homicides) à chaque fois".
 
"Sur le terrain, nous pouvons difficilement lutter contre la délinquance sur l'ensemble du département", de la Guadeloupe, car "nous avons un gros problème d'effectifs", a déploré le syndicaliste policier. "C'est pesant. Nous nous sentons impuissants et abandonnés, malgré nos courriers au ministère de l'Intérieur", a-t-il dit.