Zika : que faire pour ne pas avoir le virus ?

zika
Campagne de lutte contre le virus Zika en martinique
Campagne de lutte contre le virus Zika en martinique ©NICOLAS DERNÉ / AFP
Le Brésil et la Colombie connaissent une épidémie sans précédent de Zika. En Guyane, en Martinique, en Europe et aux Etats-Unis, d’autres cas de Zika ont également été révélés par les autorités sanitaires. Alors que faut-il faire pour ne pas avoir le virus ? La réponse des spécialistes.

#1 Attention, le moustique pique le jour

Pour ne pas avoir le Zika, il ne faut pas se faire piquer par un moustique. Malheureusement, ce n’est pas si simple, d’autant plus que les moustiques qui véhiculent le Zika, Aedes Aegypti et Aedes Albopictus (le moustique tigre) piquent pendant la journée. 
 

#2 Prendre un répulsif efficace

Donc pour ne pas se faire piquer, il n’y a pas trente-six solutions, il faut mettre des répulsifs anti-moustiques de jour et de nuit. Mais pas n’importe lesquels. Selon Frédéric Simard, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des maladies infectieuses et de leurs vecteurs, "il faut d’abord dire aux gens de ne pas acheter ces bracelets vendus en pharmacie. C’est de l’arnaque et ça ne sert à rien ! Pour être efficace un répulsif doit contenir au moins l’un de ces quatre composant : l’IR 3535, le KBR 3023, le Géraniol ou le DEET".

Chikungunya illustration
Spray contre les moustiques en Guadeloupe ©NICOLAS DERNE / AFP

#3 S'asperger, mais pas trop 

Le chercheur précise toutefois qu’il ne faut pas s’asperger continuellement de répulsifs anti-moustiques et qu’il est plus efficace et souhaitable, quand on le peut, de se mettre du produit anti-moustique sur ses vêtements plutôt que sur sa peau. Quant à la citronnelle, cette plante dont on fait des huiles essentielles censées faire fuir les moustiques, Frédéric Simard est plus que  sceptique. "La citronnelle, ça ne marche pas, dit-il, il en faudrait des quantités astronomiques".
 

#4 Eviter les gîtes larvaires

A chaque épidémie de Dengue, de Chikungunya et maintenant de Zika, les autorités régionales de santé rappellent qu'il faut absolument éliminer tous ces réservoirs d'eau stagnante dans lesquels, les moustiques peuvent pondre leurs oeufs. Il s'agit des soucoupes des plantes, des vieux pneus, des carcasses d'automobiles, ou des appareils électro-ménagers qui traînent dehors etc... C'est d'autant plus important car "aujourd'hui les hommes sont assez démunis face aux moustiques, précise Frédéric Simard du CNRS, car les insecticides sont de moins en moins efficaces, et certaines molécules ne sont pas bonnes pour l'environnement".
 

#5 Prudence chez les femmes enceintes

Globalement, le Zika est moins grave que le Chikungunya ou la Dengue, mais les risques de complication qui lui sont associés inquiètent la planète entière, dont l’Organisation mondiale qui s’est saisie du sujet. Les nombreux cas de microcéphalies (taille anormalement petite du crâne) détectés au Brésil et en Colombie au même moment que l’épidémie de Zika donnent à penser qu’il n’y a pas de coïncidence. "Une microcéphalie à la naissance est rarissime, précise Frédéric Tangy, directeur de recherche au département de virologie à l’Institut Pasteur. Au Brésil, nous avons actuellement 1 cas de microcéphalie pour 1000 femmes enceintes atteintes du Zika, ce qui chez nous est considéré comme énorme".

Femme enceinte arrivant dans un hôpital au Honduras
Femme enceinte arrivant dans un hôpital au Honduras ©ORLANDO SIERRA / AFP
 

#6 Pas de panique !

"Dans 80% des cas, souligne Frédéric Simard, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des maladies infectieuses et de leurs vecteurs, on ne sait pas que l’on est infecté par le Zika. C’est un virus bénin. Dans le reste des cas, on a en général une faible fièvre qui ne dépasse pas 38°5. Parfois, il y a des complications comme des boutons rouges et purulents en peu partout sur le corps". Dans de très rares cas, la personne malade du Zika peut avoir un syndrome de Guilain-Barré qui provoque une paralysie partielle et temporaire.