"Afro-manga" et mangas made in Bourbon, dans l’Oreille est hardie

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couverture de The Last Kamit
couverture de The Last Kamit
Dwen Uno et Michaël Damby, deux jeunes auteurs d'origine guadeloupéenne, ont beaucoup d’ambitions avec « The Last Kamit », premier manga typiquement « afro ». Le manga les fascine, à l’instar d’autres dessinateurs installés notamment à la Réunion...
 
Paris, porte de la Villette, c’est là que nous avons rendez-vous avec l’équipe de The Last Kamit autoproclamé premier afro-manga. Un néologisme soulignant l’apparition pour la première fois d’un univers entièrement imprégné de culture afro (afro, afro-caribéenne et afro-américaine) sous forme de mangas, ces bandes dessinées reconnaissables au premier coup d’œil, nées il y a quelques décennies au Japon.
Tout ceux qui contribuent au lancement de cette bande dessinée d’un genre nouveau, ont élu domicile dans cette pépinière pour start-ups gérée par la ville de Paris. C’est donc dans un univers du bureaux, de longs couloirs et d’ordinateurs que nous déambulons à la rencontre entre autres de Dwen Uno et de David Bias, respectivement coauteur et producteur de The Last Kamit. L’aventure a donc commencé avec Gwen Uno et Mickaël Damby, tous deux originaires de la Guadeloupe et tous les deux enfants de la génération Dragon Ball Z et autres dessins animés introduits en France dans les années 80 par le club Dorothée.
Les deux créateurs de The Last Kamit
Les deux créateurs de l'afro-manga "The Last Kamit"
Pétris de cette culture télé/jeux vidéo/mangas, ils ont souhaité à leur tour réaliser leur BD avec des personnages qui leur ressemblent. Assaisonnée en cours d’élaboration de réflexions et de recherches historiques sur l’Afrique et les Caraïbes notamment (les dynasties, les esclavages, les luttes...), The Last Kamit a trouvé peu à peu son identité : voilà donc l’afro-manga quelques années plus tard prêt à rencontrer son public ce 15 septembre 2020.
Les personnages de "The Last Kamit"
Les personnages de "The Last Kamit"
Un public pour l'afro-manga?
Et justement ce public quel sera-t-il ? Comme pour les films ou les séries, y aura-t-il un lectorat suffisamment vaste pour s’intéresser aux aventures de jeunes héros d’origine africaine évoluant dans un monde imaginé, créé à partir des mythes et légendes africaines ? Persuadés que oui, les auteurs et leur producteur le sauront bien vite... Ils ont tout fait en tout cas pour attirer les lecteurs, tous les lecteurs, aussi bien ceux versés dans l’afro-culture que ceux qui découvriront complètement ce type d’univers. Pour savoir un peu plus sur le monde dans lequel se déroule The Last Kamit, regardez la bande-annonce concoctée dans le but d’accompagner le lancement du premier tome de cette saga :
Mangas d’Outre-mer ?
Les deux auteurs et leurs producteurs sont d’origine ultramarine mais l’ensemble de l’équipe de The Last Kamit est issue de différentes communautés. Une force, assurent les jeunes gens qui ont pour volonté de ne pas s’arrêter uniquement à la bande dessinée et aux livres. L’idée sera de développer plus tard toute une gamme de produits dérivés, à l’effigie des héros de leur petite odyssée.
C’est donc tout cela que les concepteurs de The Last Kamit nous racontent dans cette Oreille est Hardie consacrée à cet afro-manga mais aussi à l’avènement et l’établissement du manga, genre de plus en plus prisé dans les outre-mer. C’est ainsi que nous partirons également à la Réunion, à la rencontre de deux autres mangakas (nom donné aux auteurs de manga), Staark, auteur du manga Red Skin, et Joe Eth, créateur du manga Trail Freedom. Ces derniers nous expliqueront notamment ce qui fait de leurs productions des mangas d’outre-mer ou non...
Red skin
Couvertures de "Red Skin" de Staark et "Trail Freedom" de Jo Eth
Pour écouter l’Oreille est Hardie consacrée au manga et à l'afro-manga, c’est ici

Et un petit bonus, rien que pour l'Oreille :