Alcool : plutôt raisonnables, les ultramarins inégaux face aux maladies [DATA]

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« L’alcool est présent dans 90% des affaires jugées par le tribunal » en Nouvelle-Calédonie
©NC la 1ère
Les Français sont parmi les plus gros consommateurs d’alcool au monde. Si les habitants des départements d’Outre-mer boivent moins souvent que ceux de l’Hexagone, l'étude publiée aujourd'hui réserve des surprises : le nombre de passages aux urgences et l'inégalité face aux maladies liées à l'alcool.
Santé Publique France publie ce mardi 14 janvier une analyse précise de la consommation d’alcool dans les régions de métropole et dans les départements d’Outre-mer, ainsi que les taux de mortalité en lien avec les maladies directement provoquées par l'ingestion d’alcool.
 

Buveurs occasionnels

Selon le Baromètre Santé 2014, la Guadeloupe (6,9%), la Guyane (5,2%), la Martinique (7,0%) et La Réunion (5,8%) affichaient des prévalences bien moins élevées que la moyenne de la France métropolitaine. En d'autres termes, d'une manière générale, les habitants des départements d'Outre-mer boivent moins d'alcool que leurs homologues métropolitains. 
D'une manière générale, les hommes boivent plus que les femmes. Outre-mer, la plus grande disparité entre les sexes est observée en Martinique.
 

Moins précoces à La Réunion qu'aux Antilles-Guyane

C'est dans le bassin Atlantique qu'on goûte le plus tôt de l’alcool : à 17 ans, ils sont 94% en Martinique, 91% en Guadeloupe et 90% en Guyane à avoir déjà testé l'alcool, contre 85,7% dans l'Hexagone. À l'inverse, les jeunes Réunionnais ne sont que 77%.
 
Cependant, la tendance évolue avec l'âge. Si les 18-30 ans sont également un peu plus nombreux à consommer de l'alcool chaque semaine par rapport à la même tranche d'âge dans l'Hexagone, les Réunionnais rattrapent largement leur retard : 37,4% en Guadeloupe, 43,4% en Guyane et même 47,9% à La Réunion, contre 43,5% en Bretagne, taux le plus élevé en métropole ( 32,5% en moyenne). 
 

De la bière, du rhum, mais pas trop de vin

L'étude montre également qu'on boit plus de bière à La Réunion (20,7%), en Guyane (22,3%) et en Martinique (23,1%) que dans l'Hexagone. La consommation hebdomadaire d’alcools forts, et notamment de rhum produit phare de ces territoires, est également plus élevée à La Réunion (14,3%), en Guadeloupe (15,2%), ainsi qu’en Martinique (16,0%), département qui affiche le taux le plus élevé du classement géographique national. Loin devant la région Grand Est (7%). 

En revanche, les ultramarins ne sont pas trop friand de vin, comparativement aux régions de France métropolitaine. La consommation hebdomadaire est moins fréquente en Guyane (17,0%), en Martinique (18,5%), en Guadeloupe (19,7%) et à La Réunion (22,1%). Les Antilles-Guyane sont même les trois départements français où l'ont consomme le moins de vin, loin derrière la Bretagne (35,8%) et la Nouvelle-Aquitaine (34,8%). 
 

Nombre de passages aux urgences

Ce sont les Réunionnais qui détiennent la palme dans cette catégorie, sur l’ensemble du territoire français. En 2017, les hôpitaux de l'île ont recensé 22 passages quotidiens dans leurs services d'urgence en lien direct avec l'alcool. Ce sont surtout les hommes âgés de 46 à 60 ans qui sont concernés. 

En Guadeloupe, il y a eu 1 327 passages aux urgences en 2017 soit un peu moins de 4 passages par jour. Comme à La Réunion et à Saint-Martin, ce sont les hommes de 46 à 60 qui atterrissent le plus souvent aux urgences. À noter qu’à Saint-Barthélémy, ils sont suivis de près par les jeunes hommes de 15 à 17 ans.

La Guyane a quant à elle compté 416 passages aux urgences, soit un peu plus de 1 passage par jour. L'étude ne porte, cependant, que sur le CH de Cayenne, ceux de Kourou et de l'Ouest Guyanais ayant intégré le réseau après 2017.
 

Inégalité face aux maladies liées à l'alcool

Malgré une consommation quasiment semblable d'alcool, les adultes des départements d'Outre-mer ne sont pas égaux face aux maladies liées à l'alcool : cancers des voies aéro-digestives supérieures, cirrhose alcoolique, psychose alcoolique et l’alcoolisme). Les Martiniquais meurent 20 fois moins souvent de pathologies en lien direct avec l’alcool que les habitants de l'Hexagone. Même chiffres pour les Guadeloupéens, mais un taux réduit à 14 fois celui de l'Hexagone pour les Guadeloupéennes.

À l'inverse, le taux de mortalité en lien direct avec l'alcool est de 40% supérieur pour les Réunionnais par rapport aux métropolitains. En Guyane, le taux de mortalité des principales pathologies en lien direct avec l’alcool est semblable à la métropole pour les femmes mais plus élevé pour les hommes.