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Une Amérindienne et une Kanak portent la voix des autochtones de Guyane et de Nouvelle-Calédonie devant l'ONU

peuples autochtones
Ileen Colom et Yolène Koteureu sont venues à Genève représenter leur peuple devant l'ONU
Entourées d'autres représentants de peuples autochtones, Yolène Koteureu (gauche) et Ileen Colom (droite) ont été sélectionnées pour être formées au droit des peuples autochtones. ©Nordine Bensmail, La1ère
À l'occasion de la 12ème session du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, organisée à Genève par le haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme, deux ultramarines de Guyane et Nouvelle-Calédonie sont venues représenter leur peuple et faire valoir leurs droits.
L’une est Kali'na, l’autre Kanak. Toutes deux ont participé, du 15 au 19 juillet, à un programme de formation organisé par le haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme au Palais des Nations à Genève, dans le cadre de la 12ème session du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones.

Entourées de plusieurs autres représentants de peuples autochtones du monde entier, Ileen Colom (Guyane) et Yolène Koteureu (Nouvelle-Calédonie), sélectionnées par l’Organisation des Nations unies pour leurs qualifications et leurs diplômes, ont rejoint l’Europe pour être formées au droit, et plus précisément au droit des peuples autochtones. Celles-ci ont dû, à l’issue de ce Mécanisme, intervenir devant les représentants des États membres de l’ONU et évoquer des problématiques propres à leur peuple.
 
Les représentants des peuples autochtones au Palais des Nations de Genève
©Nordine Bensmail, La1ère
 

Moyen de pression public

Amérindienne originaire de Paddock, à Saint-Laurent du Maroni, Ileen Colom est représentante de l’organisation des nations autochtones de Guyane (ONAG). Avant de partir pour Genève, celle-ci avait déclaré souhaiter évoquer la place des femmes dans les sociétés amérindiennes.
Lors de son intervention publique, le jour J, la jeune Kali'na, âgée de 24 ans, s’est également emparée de l’exemple de son propre village pour interpeller la France.
"Les projets de port industriel ou encore de dépôt d’hydrocarbures menacent nos habitations à moins d’un kilomètre sur des terres pourtant attribuées par l’État français depuis 1992" a-t-elle exprimé, demandant la restitution des terres, promise dans l’accord complémentaire de Guyane de 2017.
Au micro de Serge Massau, celle-ci a expliqué l’importance pour les peuples autochtones d’être représenté dans de telles instances.

"Je pense que quand un peuple autochtone vient aux Nations unies, c’est qu’il n’est pas écouté dans son État. C’est un moyen de pression public."

Ileen Colom à Genève : le reportage de Serge Massau

Présent aux côtés d’Ileen Colom, un autre représentant de l’ONAG, Alexandre Sommer a, lui, critiqué le grand conseil coutumier, "sous tutelle" de l’État et de la collectivité.
 

"Éradiquer le colonialisme"

La zone Pacifique était incarnée par des représentants des autochtones de l’île de Pâques (à l'ouest du Chili), de Aotearoa (Nouvelle-Zélande), mais aussi de Nouvelle-Calédonie avec Yolène Koteureu, représentante du conseil coutumier Djubea Kapume. Son intervention en assemblée plénière a été l’occasion pour elle d’appeler à éradiquer le colonialisme, comme le proclame l’ONU depuis une trentaine d’années, et d’évoquer la problématique des violences conjugales.
"J’aurais aimé m’exprimer plus sur le souci qu’on rencontre en Nouvelle-Calédonie à l’égard des femmes au niveau des violences conjugales et sur un statut reconnu, comme le statut de droit commun, aux Kanaks."

Yolène Koteureu au micro de Serge Massau

Ileen Colom et Yolène Koteureu
©Nordine Bensmail, La 1ère

Après ces trois semaines de formation intense, les deux ambassadrices autochtones se sont totalement imprégnées des outils mis en place par les Nations unies pour la défense des droits de leur peuple.

"Ce sont des mécanismes qu’il faut qu’on saisisse quand on se sent violés dans nos droits" affirme Ileen Colom.

Sur l’expérience qu’elle vient de vivre aux côtés de ces autochtones de Nouvelle-Zélande, de Finlande, ou du Burkina Faso, celle-ci n’en retire que du positif et de l’espoir pour l’avenir. "Malgré la spécificité de nos territoires, nos peuples et nos cultures, on se rend compte que nos problèmes sont les mêmes, ce qui renforce le travail collectif."
Dès son retour à Paddock, Ileen Colom, première autochtone de Guyane à avoir été admise à Sciences-Po Paris, en 2013, compte mettre en place des formations pour transmettre ses connaissances.
 
©la1ere
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