Appel de Fort-de-France : Macron veut donner "les marges d'action nécessaires" pour des "solutions sur mesure"

gouvernement
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron ©Franceinfo
Dans un communiqué, l'Élysée se dit prêt à aborder les questions institutionnelles, de sécurité ou encore de vie chère Outre-mer avec une "nouvelle méthode". Un calendrier a été ébauché pour décider des mesures à prendre.

L'exécutif veut donner aux élus ultramarins des collectivités de l'océan Atlantique et de l'océan Indien "les marges d'action nécessaires à l'invention de solutions sur mesure" aux problèmes de sécurité et de vie chère, qui touchent ces territoires. En recevant mercredi soir une cinquantaine d'élus de Saint-Pierre-et-Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guyane, Réunion, et Mayotte, Emmanuel Macron a "souhaité mettre l'accent sur la sécurité (...) la lutte contre la vie chère (...) et le rayonnement de cet archipel français avec une coopération régionale renforcée", a commenté jeudi l'Élysée dans un communiqué.

Concernant l'approche utilisée, "le président de la République et le gouvernement sont décidés à employer, comme avec le Conseil national de la refondation, une nouvelle méthode, en donnant aux acteurs de terrain les marges d'action nécessaires à l'invention de solutions sur mesure, en s'appuyant sur les atouts de chaque territoire et l'expérience de ceux qui l'animent", poursuit le texte. 

Prendre en compte les spécificité des territoires


La Première ministre Elisabeth Borne tiendra un comité interministériel des Outre-mer (CIOM) "d'ici six mois" pour acter une première série de décisions. 

La démarche volontariste engagée par le gouvernement et les élus dès les prochaines semaines aura pour mission d'identifier les mesures législatives et réglementaires, nationales comme locales, susceptibles de rendre plus efficace l'action des collectivités, dans le respect des compétences de chacun et en tenant compte des spécificités propres à chaque territoire.

Communiqué de l'Elysée

"Une feuille de route sur un calendrier, des actions concrètes et des investissements par territoire sera bâtie sur cette base", souligne l'Elysée. 

Sur la question institutionnelle, le président Macron a rappelé que "c'est par le principe de différenciation entre les collectivités que seront assurés le développement économique et le rayonnement des Outre-mer". La question institutionnelle Outre-mer fera d'ailleurs l'objet d'un des volets de la future commission transpartisane qui se réunira d'ici la fin de l'année "sans tabou, afin d'apprécier les évolutions nécessaires au service de nos compatriotes", selon le texte. 

Construire des "rapports nouveaux"

"Le président de la République a indiqué être prêt à aborder les questions économiques, sociales et institutionnelles, au travers d'une feuille de route et d'un agenda qui n'excluent aucun sujet", ont salué jeudi dans un communiqué les signataires de "l'appel de Fort de France", des élus ultramarins qui avaient demandé en mai dernier, à discuter avec l'Etat d'"un changement profond de politique" d'aide au développement de leurs territoires frappés par la pauvreté.

Tous les participants "ont dit: 'Ensemble, on va construire des rapports nouveaux sur ce qu'est la République dans cet archipel France'", a indiqué le ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco en assurant que la soirée s'est déroulée dans une "ambiance où l'émotion perçait parce que tout le monde a vraiment cru l'autre, a fait confiance à l'autre", jeudi lors d'une conférence de presse.

"Je crois qu'ils ont tous été convaincus absolument de la volonté (du président de la République) que l'archipel France vive complètement la République, soit vraiment la République", a-t-il ajouté. Emmanuel Macron rencontrera aussi, prochainement, les élus du Pacifique.