Après la condamnation des éducateurs auteurs de violences sur son fils autiste, Monique François craint pour sa sécurité

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TEDRICK 31 ANS
Le fils de Monique François, Tedrick, a été diagnostiqué autiste à l'âge de 2 ans. ©DR

Deux ans après avoir porté plainte pour "violences aggravées", le procès s’est finalement tenu au tribunal de Bobigny, en région parisienne. Depuis, Monique François, originaire de la Martinique, demande des mesures supplémentaires pour que son fils soit protégé et mieux pris en charge. 

Tedrick a 31 ans. Et une excellente mémoire, à en croire sa mère, la Martiniquaise Monique François. “Il se souvient de tout. Des détails, des prénoms, des dates, des voyages… Il a passé un an et demi en Belgique en 2008 et il me parle encore de tous les gens qu’il a côtoyé à ce moment-là”, raconte la mère de famille. Une mémoire infaillible qui a permis à Tedrick de raconter avec précision à sa maman les mauvais traitements qu’il subissait au sein de la maison d’accueil spécialisée dans laquelle il était admis depuis 2011. Des coups, des brûlures, des intimidations, des insultes…

Avec ses mots, Tedrick fait le récit des violences qu’il subit au quotidien au sein de la maison d'accueil spécialisée des Pavillons-Sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Un récit confirmé par des vidéos et des images qui parviennent un soir de juin 2019 à son frère puis à sa mère. “Je me suis immédiatement rendue au commissariat de Bondy et j’ai déposé plainte contre X”, se rappelle Monique François, encore émue. 

“Elle a sauvé mon fils” 

Au bout de deux ans de procédure judiciaire, le procès pour "violences aggravées" s’est finalement tenu au tribunal de Bobigny au mois de février dernier. Un procès à l’issue duquel un éducateur a été reconnu coupable de violences volontaires et condamné à 10 mois de prison ferme. 

La seconde personne à comparaître, l’éducatrice à l’origine des vidéos qui prouvent les maltraitances, avait été condamnée à six mois de prison avec sursis. Reconnue coupable et ayant fait appel, l’éducatrice incriminée ne purgera pas sa peine. Une décision compréhensible pour Monique François. “C’est grâce à elle que tout a été révélé. Elle a sauvé mon fils, c’est grâce à elle que Tedrick est encore en vie”, explique la Martiniquaise.

Interview de Monique François

“Mon fils n’est toujours pas en sécurité”

Malgré les différentes procédures judiciaires menées à l’encontre de la structure médicale, les choses peinent à bouger, explique Monique François. Elle déplore que la direction n’ait pas pris la décision d’écarter d’autres éducateurs qui étaient présents lors des faits avérés de maltraitances. “Même s’il y a une nouvelle équipe de direction qui me semble être plus à l’écoute que la précédente, je ne comprends pas que certains éducateurs soient encore en poste alors qu’ils ont aussi eu des gestes déplacés… Ils ne devraient plus s’occuper de mon fils. Pour moi, il n’est pas en sécurité”. 

Convaincue que son fils Tedrick pourrait s’épanouir dans un nouvel environnement, Monique François a tenté de chercher une nouvelle structure qui pourrait l’accueillir. En vain. Les places sont rares et elle a dû se résoudre à laisser son fils dans un établissement où “tout est à refaire”, selon ses mots. 

Depuis 2016, plus d’une dizaine de signalements ont été déjà effectués contre cette structure auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) d’Ile de France. Contactée suite à la décision de justice rendue vendredi par le tribunal de Bobigny, la maison d’accueil spécialisée des Pavillons-Sous-Bois n’a pas donné suite à nos sollicitations.