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Archives d'Outre-mer - 8 mai 1902 : éruption de la montagne Pelée

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Vue générale de Saint-Pierre juste après la destruction de la ville par l’éruption du volcan de la Montagne Pelée le 8 mai 1902. ©Gusman/Leemage
Alors que le musée Franck Perret, mémorial de l'éruption de la montagne Pelée à Saint-Pierre en Martinique a rouvert ses portes le jour de la commémoration du 117ème anniversaire de la catastrophe, les archives d'Outre-mer reviennent sur le destin tragique des Pierrotains en 1902. 
Le 8 mai 1902, la ville de Saint-Pierre est complètement rayée de la carte. L'éruption de la Montagne Pelée coûte la vie a des dizaines de milliers de personnes. Retour sur l'une des plus grandes tragédies de l'histoire martiniquaise du 20ème siècle.
 

Une nuée ardente détruit le "petit Paris des Antilles"

Ce matin-là, les Pierrotains n’ont aucune idée de ce qui les attend, la volcanologie d’existe pas encore, et le phénomène explosif de la nuée ardente qui autrefois détruisit Pompéi n’a jamais été étudié. En quelques minutes, la ville est soufflée par l’éruption, ravagée par les rochers incandescents qui dévalent la montagne.

Dans notre imaginaire, ces images de Saint-Pierre dévastée et ses 30 000 morts sont bouleversantes, elles ont fasciné au point d’occulter une autre réalité : le sort des sinistrés.
 

Des rescapés livrés à eux même 

En octobre 1902,on en recense 21 000, endeuillés, traumatisés, miséreux, beaucoup cherchent refuge à Fort-de-France où règne une atmosphère de fin du monde. La ville est assombrie par les pluies de cendres les habitants sont terrifiés par les secousses telluriques.

Avertie par le télégraphe, la France choquée lance des appels aux souscriptions. Parmi les réfugiés, des blessés survivants dont l’histoire n’a pas retenu l’existence. Leurs noms sont pourtant recensés aux Archives de l’Outre-mer. Ces sinistrés déclarent leurs pertes au ministère des Colonies. Jeanne Cinti, 23 ans, résidente du Carbet raconte :

Monsieur le ministre, c’est grâce aux soins de l’hôpital qu’après avoir perdu mes deux sœurs à mes côtés je suis revenue à la vie. Ayant perdu biens et famille, je n’ai rien perçu jusqu’à présent, et me trouvant dans l’incapacité de travailler je m’adresse à votre honorable bienveillance pour me secourir.
-Jeanne Cinti, rescapée de l'éruption

Jeanne recevra 50 francs du comité de secours aux sinistrés.

Relatés dans des lettres d’époque, beaucoup de récits ne seront jamais contés, ceux de ces marins parvenus au rivage, malgré leurs atroces blessures, des habitants qui ont pu s’échapper par des chemins de campagne, des riverains de la Roxelane ou du Carbet, l’histoire avec un grand H n’a retenu que celle du prisonnier Louis-Auguste Cyparis miraculeusement sauvé grâce à l'épaisseur des parois de son cachot.

Regardez le reportage de Martinique La 1ère réalisé par Delphine Bez en mai 2014 qui nous fait le récit de la catastrophe et qui revient sur le sort de certains survivants de la catastrophe : 
 
©la1ere
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