Arrêté au lendemain de sa sortie de prison, le Guadeloupéen Teddy Valcy condamné à 1 an d'emprisonnement

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Tribunal Marseille
Le tribunal de Marseille. ©GARDEL Bertrand / hemis.fr / hemis.fr / Hemis via AFP

Le Guadeloupéen Teddy Valcy vient d'être condamné à un an de prison à Marseille. Condamné à plusieurs reprises, le braqueur était jugé pour ne pas avoir pointé en temps et en heure dans le cadre de son contrôle judiciaire à sa sortie de prison. Il avait été interpellé après une journée dehors.

Quelques heures de liberté puis, de nouveau, le retour derrière les barreaux. Le Guadeloupéen Teddy Valcy a été condamné à un an de prison ce jeudi 1er avril à Marseille pour non-respect de ses obligations de pointage. Il était jugé en comparution immédiate, un mois après avoir été interpellé par la BAC de Marseille. 

Début mars, alors qu'il quitte la maison d'arrêt d'Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône), Teddy Valcy se voit notifier une "Micas", une mesure individuelle de contrôle administratif, destinée au contrôle judiciaire des sortants de prison. Il y est indiqué qu'il doit pointer chaque jour à 10 heures au commissariat de Gagny (Seine-Saint-Denis) et ce dès le lendemain.
Chargé de quatre cabas, "il fait des pieds et des mains afin de trouver une solution pour rentrer le plus rapidement en région parisienne", raconte son avocat, Me Eddy Arneton. Tous deux préviennent le commissariat de Gagny de la situation, mais le 2 mars au matin, Teddy Valcy est interpellé dans un hôtel de Marseille.

Pour une journée de retard, il est condamné à un an de prison. On ne lui a pas laissé la moindre chance.

Me Eddy Arneton, avocat de Teddy Valcy

 

La "trace indélibile" du terrorisme

L'avocat dénonce une "judiciarisation du renseignement et de la sûreté nationale" à l'encontre de son client. "Pour un certain type de population carcérale dont M. Valcy fait partie, les règles sont appliquées avec une extrême dureté", estime-t-il, en référence au profil particulier de son client. Condamné en 2013 à neuf ans de prison, Teddy Valcy comparaissait à l'époque aux côtés de Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly, deux personnages funestement connus par la suite pour avoir commis les attentats de janvier 2015. Teddy Valcy avait alors écopé de neuf ans de prison pour un projet d'évasion d'une figure de l’islamisme radical et avait été relaxé des accusations de terrorisme. 

Une "trace indélébile" dans son dossier, estime son avocat. Si sur son lourd casier judiciaire, aucun fait de terrorisme n'est mentionné, le braqueur fait l'objet d'une attention particulière de la part des autorités, très méfiantes. Celui qui se fait surnommer "Scoubidou" a d'ailleurs passé la majeure partie de sa peine à l'isolement. 

 

"Dès lors que les noms de Kouachi et Coulibaly sont prononcés, cela conduit à des décisions déraisonnables qui s'apparentent à de la barbarie judiciaire", commente Me Arneton. Un "piège tendu" par "un État effrayé", ajoute-t-il avant de conclure : "Coincé dans ce système, mon client s'inquiète du prochain mauvais coup qui va lui être fait.