Bientôt des quotas de chansons créoles sur les ondes radio?

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©KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Un amendement au projet de loi relatif à l'égalité et la citoyenneté  prévoit un quota de chansons en langues régionales sur les ondes. Reste à voir s'il sera adopté en l'état par le Sénat, qui doit l'examiner le 4 octobre.
L'information date des plusieurs mois, mais elle refait surface depuis la publication d'un article des Echos, intitulé "les députés veulent imposer un quota de zouk et de chants corses à la radio".

 
Au moins 4% des chansons françaises doivent être interprétées dans une langue régionale

En effet, en juillet 2016, un projet de loi relatif à l'égalité réelle et à la citoyenneté est adopté en première lecture à l'Assemblée nationale.  
Un projet de loi qui avait pour but de "réaffirmer et réassembler" autour des valeurs de la République. On y trouve des mesures variées sur l'attribution des logements sociaux, la lutte contre le racisme et la discrimination, ou encore la création d'une réserve citoyenne.
 
Dans ce grand fourre-tout, auquel a été ajouté un amendement intervenant après le 41e et dernier article.  "Les œuvres musicales interprétées dans une langue régionale en usage en France constituent au minimum 4% de la proportion d'œuvres musicales d'expression française".
 

L'œuvre de nombreux députés ultramarins

Un amendement porté entre autres, par les députés de Guadeloupe Victorin Lurel, Eric Jalton,  et Gabrielle Louis-Carabin, la députée de Guyane Chantal Berthelot, les députés de Mayotte Ibrahim Aboubacar et Boinali Said, le député de Martinique Serge Letchimy, et le député de la Réunion Jean-Claude Fruteau.
 

"Dynamiser la cration musicale"

Tous ont argumenté sur la défense du patrimoine culturel des Outre-mer, dont font partie les langues régionales. "Le présent amendement (…) vise à favoriser la diversité de l'expression musicale et culturelle, à dynamiser et pérenniser la création musicale dans  toutes les régions du territoire national et à assurer la défense du patrimoine national", expliquent-ils.
 
Doit-on en déduire donc que les radios nationales se verront obligées de diffuser 1,6% de titres d'artistes tels que  Kalash, I Muvrini ou Danyel Waro? C'est en tout cas ce que dit le texte qui doit encore être adopté en seconde lecture par le Sénat. Et le cas échéant, rien n'est encore fait : libre au gouvernement de publier, ou non, les décrets d'application.
 
 

Les éternels débats sur les langues régionales

Cette requête portée par 8 députés ultramarins rappelle le combat de l'association L'or des Iles pour la reconnaissance de la musique d'Outre-mer. L'association demande, entre autre, que les artistes des Outre-mer ne soient plus classés dans la rubrique Musique du monde, mais en chanson française.
Il rejoint également l'éternelle querelle sur la reconnaissance des langues régionales : depuis 1992, il est question de ratifier une charte européenne des langues régionales, avant une inscription dans la Constitution… sans résultat.