Biographie : Michel Rocard, ex-Premier ministre et théoricien de la "deuxième gauche"

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L'ancien Premier ministre Michel Rocard, en avril 2014. ©EVARISTO SA/AFP
L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, théoricien de la "deuxième gauche" et instigateur des accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie en 1988, est décédé samedi dans la soirée à l'âge de 85 ans. Portrait.
Michal Rocard est né à Courbevoie, près de Paris, le 23 août 1930 dans une famille de la bourgeoisie, catholique par son père - un des scientifiques à l'origine de la bombe atomique française -, protestant par sa mère. Socialiste réformiste, Michel Rocard a été Premier ministre de 1988 à 1991 de François Mitterrand, avec lequel il a toujours eu des relations conflictuelles, avant de diriger le PS en 1993 et 1994.
           
Père de la "deuxième gauche", il voulait incarner une vision rénovée de la gauche, prenant en compte "les contraintes de l'économie mondialisée" sans "renoncer aux ambitions sociales". Licencié ès lettres, diplômé de Sciences-Po et du Centre d'études des programmes économiques (CEPE), il était sorti en 1958 de l'ENA, où il avait côtoyé Jacques Chirac, pour rejoindre l'Inspection des finances.
 

Hostile à la guerre d'Algérie

Hostile à la guerre d'Algérie, il était devenu en 1967 patron du PSU (Parti socialiste unifié). Il dirigea jusqu'en 1973 ce "laboratoire d'idées" pour la gauche. En mai 68, il s'opposa à la tendance "dure" et parvint à faire condamner le recours à la violence. Il obtint 3,6% des suffrages à la présidentielle de 1969 et  devint député des Yvelines (il fut réélu plusieurs fois), puis maire (1977-94) de Conflans-Sainte-Honorine.

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En 1980, il avait annoncé sa candidature à la candidature du PS pour la présidentielle de 1981 mais dut s'effacer devant François Mitterrand. Une fois la gauche au pouvoir, il fut nommé ministre, notamment de l'Agriculture, avant de démissionner en 1985, en pleine nuit, par hostilité à la proportionnelle aux législatives de 1986.
           

Instauration du RMI

A Matignon en 1988, il pratiqua l'ouverture, fut l’artisan principal des accords de paix en Nouvelle-Calédonie et instaura le RMI. En mai 1991, M. Mitterrand lui demanda de démissionner. En 1993, il devint brièvement premier secrétaire du PS. Mais, à nouveau, il ne parvint pas à se mettre en position favorable pour représenter le parti à la présidentielle de 1995. Ces dernières années, il fut notamment ambassadeur chargé de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique.
           
 
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