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En Bretagne, une "ambiance antillaise" avec "Blackface" qui fait des remous sur la toile (mise à jour avec réaction de l'organisateur)

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Le "repas créole" avec "Blackface" organisé à la salle des fêtes de l'île de Groix ©Isabelle Lebrazidec/Le Télégramme
Un article du quotidien breton "Le Télégramme" illustré par un Blackface a suscité l’ire des réseaux sociaux. Il a été retiré de l’édition en ligne du journal ce vendredi matin. Sans explications ni excuses.
L’article, retiré depuis ce vendredi matin par l’édition en ligne du quotidien breton Le Télégramme, date du premier mai et titrait « Ambiance antillaise à la salle des fêtes » de Groix, sur l’île du même nom dans le département du Morbihan. On y voit sur une table trois personnes avec des "Blackface", installées de plus auprès d’un petit garçon noir que cela n’a pas l’air d’enchanter particulièrement. Il y a peut-être d’autres convives avec Blackface à l’intérieur de la salle mais ils ne sont pas visibles.
 

Commentaires outrés

Ce « repas créole », comme le disait la légende photo de l’article, était organisé par l’Association des parents d’élèves de l’école Saint-Tudy, « avec pour objectif d’aider au financement des sorties scolaires, séjours linguistiques et de participer aux achats de matériel pédagogique », écrit l’auteur de l’article, précisant que « dans un décor des îles », « l’ambiance était chaleureuse et la musique antillaise résonnait dans les murs de la salle des fêtes de Groix ».

Repéré par les réseaux sociaux, la photo de la sauterie a suscité de nombreux commentaires outrés sinon insultants sur la toile. Rappelant que « la couleur de peau n’est pas un déguisement », des internautes renvoient vers des liens expliquant ce qu’est le Blackface et en quoi il est insultant pour les Noirs. D’autres exigent des excuses du journal.
   

"Vision péjorative et humiliante"

Rappelons que parmi les innombrables affaires de Blackface, le Défenseur des droits Jacques Toubon, avait expliqué dans une décision rendue en mars 2017 mettant en cause des fonctionnaires de police qui s’étaient grimés en noir, que « sans qu'il n’ait été nécessaire pour les policiers de connaître l’origine historique de cette pratique dénommée ‘Blackface’ aux Etats-Unis, nul n’ignore que le fait de se grimer en noir renvoie à une vision péjorative et humiliante des personnes noires. »

Il ajoutait : « La publication de cette photographie pourrait également être considérée par l’un ou l’une de leurs collègues comme constitutive d’un fait de harcèlement discriminatoire au sens de l’article 1er de la loi du 27 mai 2008 puisqu’elle pourrait avoir 'pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.' »

À l'heure où nous mettions en ligne, les organisateurs de l'événement et le quotidien Le Télégramme n’avaient pas jugé bon de s’excuser auprès de qui que ce soit depuis la publication de la photo et l'avalanche de réactions qu'elle a suscitée.
 

Mise à jour

Suite à cet article, madame Hélène Bled, présidente de l’Association des parents d’élèves de l’école Saint-Tudy, nous a envoyé le courriel suivant ce vendredi à 14h50 :
"Bonjour,
Je suis la présidente de l'APPEL Saint-Tudy, association qui a organisé la soirée antillaise sur l'île de Groix samedi dernier. Je voulais vous faire part de mon incompréhension face à cette polémique. Peut-être que la photo était mal choisie, je m'excuse pour ceux qui se sont sentis choqués, mais ces gens étaient juste déguisés et je peux vous assurer que personne n'a été choqué dans la salle. C'était une soirée pour s'amuser et tout le monde s'est bien amusé. Il n'y a eu aucune volonté de nuire même dans la publication de cette photo. Vous l'avez interprétée à votre mode de racisme ambiant. Cela n'était pas du tout le cas
." 

 
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